Les métiers de la mode : Alain Benisty alias Darko

Ils sont consultants, photographes, make-up artists ou scénographes. Ils opèrent dans les coulisses, mais leur présence aux côtés des designers et des marques est essentielle. On a rencontré Alain Benisty, créateur d'ambiances musicales dans l'ombre des défilés.

PAR MARIE HONNAY. PHOTOS D.R. |

Le métier en bref

Il a conçu, à plusieurs reprises, l’habillage musical des shows du créateur belge Cédric Charlier et de celui de La Cambre Mode. Sa mission : traduire en musique le thème d’une collection de vêtements et l’identité de la marque qui fait appel à lui. Tout ça en cadrant avec l’air du temps et en dix minutes max, le temps moyen d’un défilé de prêt-à-porter.

Le point de départ

Par l’intermédiaire d’une amie, ce quadragénaire, baignant dans la musique depuis toujours, découvre l’univers de la mode alors qu’il n’a pas encore 20 ans. Sa force est sa culture musicale (elle embrasse tous les styles, y compris le classique) qui lui permet de traduire l’identité de la marque ou du créateur. Il vient d’ailleurs de réaliser l’habillage du show de Massimo Dutti en collaboration avec le directeur artistique du label, Damiano Biella. "J’avoue que je n’avais jamais collaboré avec une marque plus commerciale. Je redoutais un peu l’exercice. À tort, car ce projet m’a permis de travailler à Milan, puis à Shanghai en disposant de moyens assez conséquents."

    En pratique

    Dans l’organisation d’un show, l’habillage musical est pratiquement toujours conçu en dernière minute. "Pour Massimo Dutti, nous avons intégré l’équipe trois jours avant le défilé. Pour comprendre l’univers dans lequel j’allais m’inscrire, Damiano Biella m’a envoyé des infos sur les silhouettes. Le jour J, nous nous sommes vus trois minutes. Notre goût commun pour Charlotte Gainsbourg a rendu la collaboration évidente. J’ai choisi deux morceaux de la chanteuse, je les ai allongés et mixés à de la musique classique. Tout ça m’a pris trois jours de travail sans dormir."

    Son secret

    Une passion pour la mode, évidemment, mais aussi pour le travail des créateurs. "J’aime rencontrer un designer et sentir qu’on parle la même langue. Lorsqu’on évolue dans ce domaine, on a souvent l’étrange impression de faire partie d’une niche. La mode est un milieu très fermé régi par une foule de codes. Ce sont justement ces codes qui en constituent la culture, celle qui nous unit et qui fait le lien entre les différents métiers."

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