Une étude révèle les effets vertueux d'une semaine de travail réduite

Les pays nordiques et anglo-saxons commencent à peine à s’intéresser à la semaine de travail en 35h quand la France l’a par exemple voté en 2000. Force est de constater que bosser moins serait en effet la clé pour être plus productive. La preuve avec cette nouvelle étude. 

PAR MARGAU GONZALEZ. CRÉDIT PHOTO : UNSPLASH/KARKENIMAGES |

Tout commence il y a six ans. Entre 2015 et 2017, et en réponse à des campagnes menées par les syndicats et les organisations de la société civile, 2 500 travailleurs islandais, soit plus d’1 % de la population active, ont testé la semaine de travail à 35 ou 36 heures contre 40 heures normalement. Cerise sur le gâteau : cette réduction de temps n’entraînait pas de baisse de salaire. Si l’Islande a fait ce choix, ce n’est pas par fainéantise, mais pour améliorer l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et pour augmenter la productivité. Spoiler alert : ils ont trouvé ça génial.

Les islandais débordés par les heures travail

Travailler en Islande présente de nombreux avantages : une bonne mutuelle, des revenus égaux, des congés parentaux similaires… Oui mais voilà, comme les Islandais passent beaucoup de temps au bureau, ils n’en ont plus assez pour les loisirs. Selon le rapport de l’enquête, "il n'est pas rare d'entendre les citoyens dire qu'ils ont l'impression qu'il leur reste peu de temps pour eux-mêmes et leur famille". Malgré ces longues heures passer à travailler, la productivité du pays est inférieure à celle de bon nombre de ses voisins nordiques. Face à ce constat, de nombreux syndicats ont pensé qu’une réduction du temps de travail permettrait aux Islandais d’être moins fatigués et donc, plus productifs. CQFD.

La ville de Reykjavík a été la première à tester la semaine à 35h, en raison des niveaux élevés de stress. Puis au fil des années, la liste des communes s’est agrandie et 2 500 employés ont pris part au projet. Ces derniers travaillaient d’ailleurs dans des milieux très différents : bureaux, écoles, installations d'entretien de la ville, maisons de soins pour personnes handicapées… Les premiers résultats n’ont pas tardé à arriver.

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Des travailleurs plus heureux et productivité améliorée

À l’annonce de cette expérience, beaucoup ont pensé que pour maintenir le même rendement, les travailleurs finiraient simplement par rattraper leurs heures perdues par des heures supplémentaires et il n’y aurait donc aucun intérêt. Dès la première année, cette idée a été balayée d’un revers de main grâce à la mise en place de nouvelles stratégies de travail : les réunions ont été raccourcies et les tâches inutiles supprimées. Après plus de six ans de test, les résultats sont enfin tombés. Cette diminution a permis aux travailleurs islandais de passer plus de temps en famille et entre amis. Ils ont également pu penser à eux et se reposer. Cela a aussi eu un impact positif sur les tâches domestiques : elles ont pu être réalisées la semaine, de quoi laisser du temps pour les loisirs le week-end. Gros plus : les hommes ont assumé de plus grandes responsabilités, partageant ainsi le travail de manière plus équitable. Côté travail, la productivité a été maintenue et s’est même parfois améliorée.

Au moment où le rapport a été publié, soit le mois dernier, 86 % de la population active islandaise avait désormais un contrat où le nombre d’heures de travail était réduite, ou qui lui donnait le droit de le faire à l’avenir. Le Royaume-Uni s’est montré très intéressé pour tenter l’expérience. Affaire à suivre.

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