Le Petit Écailler : enfin un bar à huîtres à Bruxelles où on ne laisse pas un rein 

Envie de slurper de l’huître comme au Cap Ferret alors que Bruxelles nous sert sa grisaille habituelle ? On a trouvé la planque. Oubliez les restaurants de poissons guindés : à Flagey, le nouveau spot du boss du Petit Canon sert des moules au chorizo et du vin au pichet. Et c’est (très) bon.
sosoir

On ne va pas se mentir : en novembre, Bruxelles manque un peu de sex-appeal. On rêve tous de ce trip fantasmé au bord du Bassin d’Arcachon, chemise en lin ouverte, à dégoupiller de la crevette grise face au coucher de soleil. Ah, que c’est beau de rêver ! On a néanmoins trouvé le « dupe » parfait. Le leurre qui vous fait croire, le temps d’un gueuleton, que la West Coast s’est installée rue Lesbroussart.

Son nom ? Le Petit Écailler. Si ça vous dit quelque chose, c’est normal. C’est le petit frère iodé du Petit Canon, l’institution d’en face où tout Ixelles s’entasse pour boire du nature. Le patron a traversé la rue, repris l’ancien libanais SemSom, et dupliqué la recette du succès : pas de prise de tête, que du bon.

So Soir vous invite : dans une boucherie de poissons à Namur

Poulpe au mur et château de sable

Côté déco, on joue la carte du second degré assumé. Poulpe au mur qui vous zieute en train de manger, seaux rouges à châteaux de sable sur les tables et épuisettes de pêcheur en guise de cadre : c’est un esprit faussement kitsch qui transpire le cool. Mais pas le cool surfait, on vous rassure. Plutôt celui de la bonne adresse, la vraie, celle qui n’a pas besoin d’en faire des caisses pour qu’on s’y sente bien.

Une ardoise pousse-au-crime (mais à prix doux)

Pourquoi on vous en parle ? Parce que, fait rare, c’est une adresse qui manquait réellement à Bruxelles. Ici, on ne prétend pas réinventer la poudre à grands coups de com’ et de concepts soi-disant jamais vus. Juste une ardoise brute qui fait saliver. On attaque avec les fondamentaux : l’assiette de l’écailler. Pour 25 euros, vous avez le tiercé gagnant pour deux personnes (6 huîtres de Coutainville n°3, 6 beaux bulots, 6 crevettes). À 13€ les 6 huîtres, on est sur un rapport qualité-prix qui frôle l’indécence pour le quartier.

Pour faire glisser tout ça, le patron a eu la bonne idée de proposer une vaste sélection de vins au fût. On commande un pichet d’Edelzwicker (20€ les 50cl), ce blanc alsacien facile et dangereusement buvable. C’est frais, c’est « glouglou », exactement ce qu’il faut pour un mercredi soir entre potes qui n’a pas nécessairement besoin de déraper (enfin c’est vous qui voyez).

« Fare la scarpetta »

Le mieux à ce moment-là, c’est qu’on ignore encore que le meilleur est à venir. D’abord, cette rillette de sardine. Ou comment transformer un apéro tellement banalisé qu’on ne le regarde même plus en bombinette gustative. Mais le vrai kiff, ce sont ces assiettes à partager (ou pas) qui entonnent à table, généreuses et sapides. D’abord les calamars à la plancha (19€). Cuisson nacrée parfaite, mais surtout un assaisonnement qui oblige à fare la scarpetta (saucer avec le pain, pour les profanes) jusqu’à nettoyer la céramique.

Le coup de grâce arrive dans des poêles en fonte qui se font la guerre à table : des moules de bouchot, charnues, noyées sous le chorizo et les herbes fraîches (18€). C’est généreux, ça tache les doigts, c’est la vie. Même le dessert, une tarte au citron meringuée complètement revisitée (7,50€), réussit à nous faire de la place là où il n’y en avait plus.

Verdict ?

C’est validé. Le Petit Écailler réussit le tour de force de proposer un bar à manger marin, jeune, vivant, où l’on cuisine vraiment et où l’on ne se fait pas fusiller au moment de l’addition. On a déjà repéré les moules au vin orange, oignons rouges et carottes pour la prochaine fois. Comble du bobo ? Carrément. Et on assume.

Bref, on signe des deux mains pour que Le Petit Écailler devienne notre nouveau QG. On a d’ailleurs longuement hésité à garder le secret pour nous, de peur de ne plus trouver de tabouret libre pour revenir goûter cette fois leurs moules de Bouchot au vin orange, oignons rouges, carottes et zestes de citron. Comble du bobo ? Carrément, et on assume. Le tour de force est là : un écailler décomplexé qui ne se contente pas d’ouvrir des coquilles mais qui cuisine vraiment, et surtout sans le coup de fusil. Une adresse à contre-courant, qui risque bien de faire des vagues.

Comment ouvrir facilement les huîtres grâce au micro-ondes ?

Infos :

Où ? Rue de Hennin 105, 1050 Ixelles

Quand ? Du mardi au dimanche de 18h à 00h

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