
Les JO d’hiver débarquent bientôt et Milan est en ébullition. Mais entre deux médailles d’or et une descente de slalom, il va falloir se nourrir. Et pas question de céder à une pizza surgelée face au Duomo. Voici notre carnet d’adresses clandestin pour traverser l’hiver milanais avec goût.
La « passegiata », la leçon de sagesse venue d’Italie que l’on devrait tous adopter :
1. Pour manger avec les doigts :
Ravioleria Sarpi (Chinatown)
Oubliez les restos à nappes blanches, ici c’est la rue qui commande. On attrape ses raviolis faits main direct à la fenêtre, dans un nuage de vapeur, et on déguste ça debout, au milieu du joyeux cafouillis de Chinatown. Rapport qualité-prix imbattable.
Où ? Via Paolo Sarpi, 27
All’Antico Vinaio (Magenta/Centre Historique)
C’est le sandwich qui a cassé Internet. Forcément, il y a de la file (c’est la rançon de la gloire), mais leur pain toscan garni de charcuteries et de crèmes de pistache (ou de truffes pour les faux mondains) vaut amplement l’attente. Le plan de pro ? Embarquer son butin et aller s’asseoir, tel un roi, sur les marches de l’église voisine pour le dévorer au soleil d’hiver.
Où ? Via Lupetta, 12
Mercato Centrale (Gare Centrale)
Vous venez d’arriver ou vous repartez ? Ne snobez pas la gare. Le Mercato Centrale est le food court qui réhabilite la nourriture de gare. Idéal pour un dernier shoot de mozza ou une part de pizza romaine avant de sauter dans le train pour Cortina.
Où ? Via Giovanni Battista Sammartini, 2
2. Pour prendre l’aperitivo (parce qu’il est toujours 18h quelque part)
Otto (Chinatown)
L’anti-thèse du bar milanais guindé. Chez Otto, c’est jungle urbaine, grandes tablées et ambiance relax. On vient boire un verre sans être obligé de payer le buffet à volonté. L’aperitivo y est une religion douce, et les planches sont aussi photogéniques que la déco. Le QG parfait pour débriefer les épreuves du jour.
Où ? Via Paolo Sarpi, 8
e/n enoteca naturale (Porta Ticinese)
Le repaire des amateurs de vins vivants. Une terrasse qui lèche les murs d’une basilique, des quilles natures sourcées avec amour et des petites assiettes à partager qui envoient du bois. C’est l’endroit pour se fondre parmi les locaux. Ambiance bienveillante et promesse de lendemains sans (trop de) mal de crâne.
Où ? Via Santa Croce, 19
3. Pour passer de la ville à la campagne
Erba Brusca (Navigli – Sud)
C’est notre coup de cœur absolu, mais il se mérite (c’est un peu excentré). Imaginez un resto avec son propre potager. En été, on mange sous la vigne, en hiver, on profite de cette vibe « ferme urbaine » ultra-soignée. L’assiette respecte le produit comme nulle part ailleurs.
Où ? Alzaia Naviglio Pavese, 286
Cascina Nascosta (Parc Sempione)
Une guinguette planquée au cœur du Parc Sempione. Parfait pour une pause déj’ au milieu d’une balade. C’est simple, efficace, et ça ferme à 22h, pile avant que le froid ne commence à piquer.
Où ? Viale Emilio Alemagna, 14
Un Posto a Milano (Porta Romana)
Dans cette ferme du 17ème siècle rénovée en plein quartier résidentiel, on trouve un potager, une chambre d’hôte, et une cuisine qui ne triche pas. Le lieu agit comme un analgésique urbain : les prix sont honnêtes, le cadre apaise et le style oscille entre bohème et indus’. On y va pour fuir le bling-bling du centre et manger des légumes qui ont vraiment vu la terre.
Où ? Via Cuccagna, 2/4
La Stazione, la halte 100 % italienne à Uccle :
4. Pour s’offrir un kiff
La Brisa (Brera)
Vous voulez impressionner ? Au cœur du vieux Milan, près des vestiges d’un ancien palais impérial romain, on se la joue nappes blanches et ambiance feutrée exclusive. Rien de m’as-tu-vu pour autant, mais une savoureuse cuisine milanaise bourgeoise et délicate. La classe à l’italienne.
Où ? Via Brisa, 15
Antica Trattoria della Pesa (Chinatown/Garibaldi)
Pour se faire une idée du Milan d’antan et manger dans les règles de l’art. Au menu ? Ossobuco, risotto jaune safran ou encore salade de nervetti (petits nerfs de veau), le tout dans un décor de film des années 50. C’est une institution, c’est robuste, c’est gras (dans le bon sens du terme) et c’est incontournable pour comprendre l’âme de la ville.
Où ? Viale Pasubio, 10
La Gioia (Brera)
Le plaisir coupable assumé. C’est un peu bling-bling et bruyant, mais c’est ici qu’on va pour goûter le plat très « dolce vita » qui inonde Instagram : les Cacio e Pepe, touillés directement dans une meule de parmesan à table. C’est régressif, show-off, mais franchement très sympa.
Où ? Via San Marco, 38
5. Pour découvrir la nouvelle vague
Mater Bistrot (Risorgimento)
C’est l’adresse qu’on se refile sous le manteau. Dans le quartier étudiant de Città Studi ce « gastro de poche » joue dans la cour des grands. On y trouve l’ambiance d’un Ötap bruxellois, mais avec la fougue italienne en bonus. Ici, pas de chichis, mais une cuisine bistronomique précise, créative et percutante qui bouscule les codes de la trattoria.
Où ? Via Pasquale Sottocorno, 1
28 Posti (Navigli)
L’ovni culinaire qui sauve l’honneur des Navigli, souvent saturés de pièges à touristes. Dans un décor épuré, presque monacal (on adore), 28 Posti propose une cuisine d’auteur pour les palais aventureux qui cherchent plus qu’une simple pasta al pomodoro. Les assiettes sont graphiques, les associations audacieuses et éthiques. Le genre d’adresse qui prouve que Milan a définitivement une longueur d’avance.
Où ? Via Corsico, 1
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