
La braise qui crépite, les verres qui tintent, les conversations qui s’étirent au soleil couchant… Le barbecue fait partie de ces plaisirs d’été dont on ne peut se passer. Pas question de s’en passer donc, mais à en croire le Conseil Supérieur de la santé et les diététiciens, il est sans doute temps de revoir la forme. Commençons par quelques chiffres : le Conseil Supérieur de la Santé recommande désormais de limiter la consommation de viande rouge non transformée à 300 grammes par semaine et la viande transformée – saucisses, merguez, chipolatas… – à 30 grammes par semaine. Oui, 30 grammes. Autant dire qu’un seul barbecue peut suffire à exploser votre quota hebdomadaire.
L’union professionnelle des diététiciens de langue française (UPDLF), de son côté, rappelle que 70 % des Belges consomment trop de graisses saturées, dont une grande partie provient des viandes grasses et des charcuteries. Et selon les diététiciens, un barbecue classique peut facilement atteindre 1 200 à 1 800 kcal par personne, rien qu’en viandes et sauces. Sans compter les accompagnements souvent très salés ou sucrés : chips, sauces industrielles, pain blanc, qui alourdissent encore l’ensemble.
À cela s’ajoute un autre élément : la consommation de viande en Belgique reste élevée, autour de 110 g par jour en moyenne, alors que les recommandations officielles tournent autour de 300 g par semaine. Le barbecue, symbole de convivialité, devient alors un moment où l’on dépasse largement les limites recommandées. Mais loin de condamner le barbecue, ces constats ouvrent la voie à une nouvelle manière de recevoir : plus saine, plus responsable et tout aussi gourmande.
La montée en puissance du végétal
Les diététiciens belges le répètent : le barbecue est l’occasion rêvée de remettre les légumes au centre de l’assiette. Et pas en simple garniture. Courgettes zébrées, aubergines fondantes, poivrons caramélisés, tomates confites, maïs doré, etc. Leur parfum fumé rivalise désormais avec celui des brochettes traditionnelles. Et avouons-le : un plateau de légumes grillés, c’est plus coloré qu’une saucisse. Selon l’UPDLF, seulement 12 % des Belges atteignent les 300 g de légumes recommandés par jour. Le barbecue devient donc un terrain de jeu idéal pour rattraper le score. D’autant que les légumes supportent très bien la cuisson au gril : ils concentrent leurs saveurs, se parent de jolies marques de braise et se prêtent à toutes les marinades au citron, herbes fraîches, huile d’olive, paprika fumé…

Légumineuses et poissons : les incontournables de l’assiette d’été
Falafels grillés, burgers de lentilles, brochettes tofu – légumes… Longtemps boudées, les légumineuses deviennent les nouvelles stars. Et pour cause, elles sont riches en protéines, durables et économiques. Bref elles cochent toutes les cases. Le CSS recommande d’en consommer au moins deux fois par semaine. Donc, un barbecue végétal bien pensé peut couvrir la moitié de cet objectif en un seul repas.

De leur côté, riches en oméga 3, les poissons apportent une touche saine et gourmande au barbecue. Un filet de citron, un brin d’aneth et le tour est joué. Le poisson a aussi l’avantage d’être plus léger que la viande rouge et de cuire rapidement, ce qui en fait un allié parfait des soirées d’été. Les sardines et maquereaux, souvent boudés, sont pourtant parmi les poissons les plus riches en nutriments et les plus durables. Et sur un barbecue, ils révèlent un parfum incomparable.
La cuisson : là où tout se joue
Les experts belges insistent : ce n’est pas seulement ce qu’on grille, mais comment on grille qui compte. Les diététiciens recommandent ainsi d’éviter les flammes directes, responsables de la formation de composés toxiques. Le CSS encourage les cuissons douces, les marinades riches en herbes (qui réduisent l’oxydation) et les papillotes. Sciensano rappelle que la carbonisation augmente la présence de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), et qu’une cuisson maîtrisée peut réduire ces composés de 30 à 50 %. En clair : un barbecue réussi, c’est un barbecue maîtrisé. On laisse les braises devenir rouges et stables, on évite les flammes, on joue sur les hauteurs de grille, on prend son temps. Et on découvre que la patience donne souvent les meilleurs résultats.
Une fois toutes ces règles appliquées, on obtient un repas plus digeste et plus coloré. Et surtout, un barbecue qui ne laissera personne sur le carreau, ni votre santé, ni la planète. Moins de viande, plus de végétal, des cuissons maîtrisées, des assiettes vibrantes : un barbecue qui fait du bien et surtout, qui fait envie !
Découvrez en vidéo notre visite chez Cosmos, le resto qui fait la part belle aux légumes
Ne manquez plus aucune actualité lifestyle sur sosoir.lesoir.be et abonnez-vous dès maintenant à nos newsletters thématiques en cliquant ici.
Sur le même sujet














