
La « boule de Berlin », ce dôme de pâte levée, frit jusqu’à l’extase et poudré de sucre est devenu un véritable emblème. Si le littoral belge en a fait son étendard depuis que le boulanger Rodolphe Dies a eu l’idée géniale de sillonner les plages en 1905, la capitale, elle, les décline avec un savoir-faire qui n’a rien à envier aux plages d’Ostende ou de Knokke.
Pourquoi un tel engouement ? Parce que la boule de Berlin, c’est le secret du petit plaisir accessible : une douceur bon marché mais au capital réconfort maximal, qui offre un plaisir de bouche simple, généreux et terriblement clivant.
Au coeur de l’un des plus grands ateliers de pâtisserie de Belgique
La guerre de religion : crème pâtissière vs confiture
Les amateurs se scindent généralement en deux factions irréconciliables. D’un côté, les puristes de la crème pâtissière, onctueuse et réconfortante. De l’autre, les inconditionnels de la confiture, souvent d’abricot, qui apporte cette petite acidité qui permet de casser le gras de la friture.
Tout remonterait à un pâtissier berlinois de 1756, enrôlé de force dans l’armée de Frédéric II de Prusse. Faute de pouvoir tirer au canon, il aurait modelé sa pâte en forme de boulets de friture. Ironie de l’histoire, le beignet doit aussi sa renommée mondiale à John F. Kennedy. Lors de son discours à Berlin en 1963, son fameux « Ich bin ein Berliner » aurait été perçu par les locaux comme « je suis une boule de Berlin ». Une méprise syntaxique qui a transformé un simple goûter en légende de la guerre froide.
Le grand retour des chariots de plage à Coxyde
À Coxyde, la tradition de la boule de Berlin vendue à la criée sur le sable a fait son grand retour. À l’origine de cette résurrection ? La pâtisserie locale Gheysen, qui a décroché une concession communale pour sillonner tout l’été les plages reliant Saint-Idesbald, Coxyde-Bains, Oostduinkerke et Groendijk.
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Normes d’hygiène obligent, les lourds plateaux ouverts d’autrefois ont laissé place à des chariots réfrigérés ultra-modernes. Un équipement indispensable pour garder les beignets au frais et les protéger des assauts des mouettes. Les artisans Thomas Gheysen et son collègue Jan, originaires d’Ostende et de La Panne, font ainsi renaître un souvenir d’enfance partagé. Avec une production artisanale calquée sur la météo (scrutée de très près), ils envoient chaque jour leurs étudiants sur le terrain de 11h à 18h. Le test ultime pour voir si les vacanciers succombent à nouveau au rituel du goûter les pieds dans l’eau.
Où chasser la meilleure à Bruxelles ?
Si la tradition exige donc une caisse jaune et un vendeur dynamique sur le sable, Bruxelles cache d’excellentes adresses où la boule n’est pas qu’un simple goûter de vacances, mais une vraie pièce d’orfèvre.
Comme l’expliquait récemment Thomas Gheysen à la VRT, le secret réside dans le « fait-maison ». Beaucoup de boulangeries tombent dans le piège du produit surgelé. À Bruxelles, privilégiez les boulangeries artisanales qui travaillent une pâte levée « proche de la brioche », capable de garder sa contenance sans pomper toute l’huile de cuisson. Le test ultime ? La texture de la mie. Elle doit être alvéolée, élastique et surtout pas grasse au toucher. Une bonne boule de Berlin se déguste le jour même, idéalement encore tiède. Voici les adresses qui passent le test haut la main dans la capitale :
Brood
Où ? Rue Darwin 38, 1050 Ixelles
Pistolet Original

Où ? Rue Joseph Stevens 26, 1000 Bruxelles
Fiston
Où ? Avenue Georges-Henri 365, 1200 Woluwe-Saint-Lambert
Le Saint-Aulaye
Où ? Rue Vanderkindere 377, 1180 Uccle / Rue Américaine 130, 1050 Ixelles
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