Bap&Dak, la néocantine asiatique à découvrir.

Bap&Dak, ça veut littéralement dire « poulet&riz » en coréen. Ce petit resto qui sent encore quasi la peinture a ouvert juste après le confinement, entre la place Flagey et l’avenue Louise. Carlo et Flo l’ont repéré.

Texte et Photos Florence Hainaut et Carlo de Pascale |

A Bruxelles, les néocantines asiatiques naissent et meurent comme du basilic en pot. Certaines sont devenues de petits empires (Umamido, Knees to Chin, Makisu), d’autres disparaissent avant même qu’on ait pu se faire un avis sur la question de la cuisson du riz. Après le repas qu’on y a fait, Carlo et moi avons parié sur une success story pour Bap & Dak.

Le lieu

Ce resto, c’est l’idée de Stefaan qui a vécu des années à Londres. Après dix ans comme chef de projet dans une grosse boîte, il commence à trouver le temps un peu long. Par amour, il débarque à Bruxelles et se promet de se créer le job qui fait sens et qui lui donne envie d’aller bosser le matin. Il étudie un peu le marché local et note une étonnante absence de cuisine coréenne.
Il faut dire que Londres c’est le paradis de la cuisine de tous les pays du monde. Bruxelles, aussi cosmopolite soit-elle, et avec ses trois adresses coréennes, n’arrive pas à sa gourmande et internationale cheville. Stefaan a donc décidé d’ouvrir le resto qui lui manquait. Par contre, il ne sait pas cuisiner, donc il a pas mal cherché avant de trouver un chef qui ne découvrait pas le concept. Le résultat, on l’a gouté.

 

Dans les assiettes

En entrée, on passe bêtement (mais on reviendra juste pour lui) à côté du poulet frit et on prend le tofu croustillant (vraiment croustillant, en tranches fines parfaites) sauce aigre piquante (7€). Je profite du fait que Carlo a le bras en attelle pour manger plus que ma part. « Qui a dit que le tofu, c’était pas bon ? » se questionne mon voisin.
Puis le pajeon (8€), une crêpe toute fine aux oignons verts au kimchi (chou au piment, fermenté en saumure). La meilleure qu’on ait goûtée. Je termine la sauce, vinaigrée comme j’aime, à même le pot.
En plat, je prends un dolsot bibimbap (riz, légumes, champignons) au bulgogi (boeuf mariné). Le bol en pierre chaude permet au riz de griller, formant une petite croûte absolument sublime. Par contre, je trouve qu’il manque un peu d’assaisonnement, je prendrai double ration de sauce gochujang, ce condiment fermenté aux piments qui accompagne plus ou moins tous les plats coréens.
Parmi les quatre accompagnements disponibles, on en choisit deux : le chikin mu (3,5€), du radis en pickles, et le yeongeun jorim (3,5€), des racines de lotus braisées à la sauce soja sucrée.
Carlo opte pour le Kimchi bokkeumbap, soit un riz frit au kimchi et aux lamelles de porc, servi avec un oeuf sur le plat (16€) Le choix parfait. Ai-je profité de son manque de vélocité pour piocher allègrement dans son plat ? Personne ne peut le prouver ! Quel concentré de bonheur, ce bol. Le côté réconfortant du riz frit au porc, le piquant (tolérable) du kimchi en plus. Une vraie découverte. Et là, le concept prend tout son sens : si on trouve assez facilement des bibimbaps, l’équivalent des carbonnades flamandes en Corée, les plats simples, familiaux et « réconfortants » que Stefaan propose, c’est plutôt une nouveauté dans nos contrées.

 

 

Et dans les verres

Avec tout ça on n’oublie pas de boire : chouette sélection de bières locales (Brussels Beer Project, les brasseries Dupont, de la Senne et L’Ermitage), quelques cocktails et minichoix de (bons) vins nature au verre ou à la bouteille. On prend des bières, mais uniquement parce que j’avais loupé le soju, cette boisson que les Coréens aiment tellement qu’elle est le spiritueux le plus vendu au monde. Un jour, je vous parlerai la culture coréenne de la cuite, mais là il faut qu’on goûte les desserts.
Glace au sésame noir pour moi, au matcha pour Carlo. Bonnes sans être transcendantes. Et un petit mochi, parce que la pâte de riz fourrée à la glace, c’est quand même fort bon. C’était le second jour des desserts, on leur laisse faire les dents avant de trancher.

 

 

 

 

Avec la lumière, un peu chirurgicale à notre goût, et le brouhaha ambiant, c’était les seuls points faibles. Pour le reste, foncez !
On paie 40€ par personne, chacun monte ensuite dans son tram en souriant d’aise sous son masque.

55 rue Lesbroussart , 1050 Bruxelles. Ouvert du lundi au samedi de 19h à 22h.

www.bapanddak.be