La revanche du vinyle

Aujourd’hui, les platines retrouvent leur place dans nos intérieurs. Nous avons rencontré José Loro, un spécialiste du bon son.

Par MAGALI ELENBOSCH. Photos : D.R. |

Qu’est-ce qui déclenche aujourd’hui l’envie d’acheter une chaîne hi- de qualité ?

" C’est souvent le hasard. La plupart des jeunes consomment mais n’écoutent plus de la musique. Il y a un fossé entre ceux qui achètent des appareils connectés et ceux qui choisissent un système de haute délité. Cette démarche est généralement le résultat d’un premier contact, soit chez un ami, soit en poussant la porte d’un magasin spécialisé."

C’est totalement différent...

" C’est l’occasion de vivre une expérience qui a souvent été oubliée. Un système haute délité est capable de reproduire l’émotion qu’on a en écoutant un orchestre symphonique par exemple. C’est une immersion totale. Il n’est pas nécessaire d’avoir une tripotée de hauts parleurs ou un auditorium très spécial. On peut très bien ressentir tout cela dans un séjour traditionnel. Mais ce n’est pas possible avec les petits appareils connectés. "

Il y a un nouvel engouement pour la haute délité...

" Les gens ont envie de revenir à des produits qui durent. Ceux qui ont acheté une belle platine, il y a 30 ou 40 ans, se rendent compte qu’elle fonctionne encore aujourd’hui. Et le plaisir est toujours supérieur à celui qu’on éprouve avec un appareil connecté. On a régressé en terme de qualité sonore. Et en ce qui concerne l’écologie, le choix est très contestable parce que ces appareils connectés ont une durée de vie très limitée. "

Quel est l’âge moyen de cette prise de conscience ?

" Souvent passé 30 ans ! Parfois plus jeune, lorsqu’on hérite d’une platine et d’une collection de vinyles ayant appartenus aux grands parents. Souvent les adolescents ne savent même plus comment une platine fonctionne. Lorsqu’ils s’y intéressent, ils prennent aussi le temps de regarder les pochettes. C’est 31,5 cm qu’on peut tenir en main.... La musique dématérialisée, avec une pochette sur écran, ça n’a pas le même impact. Nous sommes arrivés à une génération qui ne possède plus ! "

Les réflexes d’écoute ont-ils changé ?

" Bien sûr ! Lorsqu’on consomme de la musique sur une tablette, on écoute rarement l’album en entier. Avant, on n’avait souvent pas les moyens d’acheter plus d’un vinyle par semaine, ou même par mois. On écoutait les deux faces et on en profitait. "

Le vinyle fait un grand retour...

" C’est incroyable, mais c’est aussi un effet de mode. On voit ça dans une série télévisée et du coup, on a envie d’en acheter et de posséder une platine. "

Peut-on dire qu’une platine et une petite chaîne pour écouter la musique que l’on télécharge sont complémentaires ?

" Tout à fait. Avant de partir au boulot, vous pouvez avoir envie d’écouter de la musique, mais vous n’avez pas forcément le temps de sacrifier au rituel du vinyle. "

Les marques font-elles de plus en plus d’effort au niveau esthétique ?

" Oui et un disque qui tourne sur une belle platine, c’est quelque chose de cadencé qui peut être très beau à regarder."

Y a-t-il beaucoup d’avancées au niveau technologique ou est-ce que l’essentiel avait déjà été inventé ?

" L’essentiel avait déjà été inventé, mais le tout a été amélioré. Les machines d’usinage sont beaucoup plus précises et de nouveaux matériaux sont utilisés. Pour une platine, la précision de 33,33 tours par minute est essentielle. Plus il y a de trois derrière la virgule, plus le son est juste. "

Pour commencer à s’équiper en haute délité, quel budget doit- on prévoir ?

" Avec 300 €, on a déjà une belle petite platine. Si vous avez une petite chaîne hi-fi , il suffit d’une entrée phono pour que ça fonctionne. Si vous n’en avez pas, il faut compter environ 100 € de plus. "

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