Dinner in the Sky : est-ce qu’on tente cette expérience gastronomique sous harnais à 20 mètres du sol ?

Gastro, grue et gravité zéro : Dinner in the Sky promettait du show. Et si le prix file un peu le vertige (325€ le menu), le voyage valait quand même le détour. Verdict d’un déjeuner les pieds dans le vide.
sosoir

Un siège façon Formule 1, ceinture bien calée, coupe de champagne en main. Trois, deux, un… et bim, décollage. Dinner in the Sky revient pour sa 14e édition et, cette fois, le manège se joue au-dessus du Domaine de la bataille de Waterloo. La scène est toujours aussi surréaliste : 32 personnes suspendues à 20 mètres du sol, un vrai Magritte sous hélium. On rit, on chante, on se prend en selfie entre deux bouchées gastronomiques. On se croirait presque dans une garden-party suspendue.

Un tour de manège gastronomique

À l’origine, on était sceptique. Le genre de concept un peu bling-bling, bien huilé pour Instagram, qui promet monts et merveilles culinaires tout en flirtant avec le divertissement à sensation. L’idée de manger perché au-dessus du vide ? Ni nouvelle, ni nécessaire. Mais une fois installée, sanglée et levée dans les airs, quelque chose se passe. Une forme de lâcher-prise, entre excitation et absurdité joyeuse. Il y a ce moment de flottement – au propre comme au figuré – où l’on se surprend à rire franchement. Le cerveau déconnecte un peu, tout devient flou, léger, un peu absurde. Et franchement… ça fait du bien !

Au menu ?

Ce midi-là, c’est Yves Mattagne aux manettes. Le chef de La Villa Lorraine* balance un quatre services millimétré, le tout tablier au vent. En entrée, un citron yuzu évidé, garni d’un sorbet coco-verveine-Italicus, flanqué au-dessus de cubes d’hamachi cru. Ça claque ! Ensuite, un bar nacré au beurre de cacahuète, combo improbable, exécution parfaite. La volaille arrive ensuite, fondante, escortée d’une mousseline au miso et d’asperges blanches des dunes. Le dessert ? Shoté au granité de whisky, chocolat bahibé, pickles de mûres et une glace vanille puissante. Ce n’est pas juste bon, c’est très bon.

Surtout pour un repas sans sol. La cuisine là-haut ? Un plan de travail grand comme un iPad mini, une plaque, quelques bacs. Tout est préparé en amont, bien sûr, mais le dressage et les finitions se font en direct, dans les airs. Les vins, bières et softs sont disponibles en libre-service autour de la table. Esprit apéro chic, mais sans prise de tête.

Faut-il payer 325€ pour ça ?

C’est la question qui fâche, car certains se diront qu’à ce prix-là, ils préfèrent se payer le luxe d’un resto deux étoiles et ils auront raison. Pourtant, ce n’est pas vraiment le propos ici. Et puis ce serait passer à côté de ce qui fait la force de l’événement : son caractère « expérience totale », où la gastronomie trop souvent codifiée rencontre tout à coup le grand frisson et l’absurde. Ce n’est pas juste un repas, c’est une madeleine de Proust inattendue qui nous ramène dans les fêtes foraines de nos enfances. C’est à la fois une attraction et une boîte de nuit. Une parenthèse pittoresque et réjouissante dans le ciel belge.

Oui, il y a quelque chose d’étonnamment libérateur dans ce lâcher-prise gastronomique. Peut-être parce qu’on s’y rencontre un peu. Le mieux ? Venir à quatre, avec des amis qui aiment la déconne, pour avoir sa table à soi. Ou à deux, pour rire avec le couple d’en face. L’attraction attire sans surprise les business lunchers et autres team buildings professionnels. Si on préférera évidemment un magnifique soleil de juillet, un ciel gris et du vent peuvent étonnamment rehausser le niveau d’absurde et d’éclate. Surtout quand Mattagne se déhanche devant vous.

Car c’est aussi ça Dinner in the Sky, rencontrer son chef préféré hors de sa zone de confort. Car au line-up, on retrouve des pointures comme Marie Trignon de La Roseraie*, Mallory Gabsi, Manon Schenck de La Table de Manon*, Christophe Hardiquest de Menssa* ou encore Glenn Verhasselt du Sir Kwinten** pour ne citer qu’elles et eux.

Bref, on y grimpe sceptique, on en redescend plus léger. Comme si, l’espace d’un lunch, la pesanteur avait desserré l’étau. C’est une expérience un peu folle, inutile donc indispensable. Une échappée belle en hauteur, surtout quand le ciel est bas.

Infos :

  • Où ? Au Domaine de la Bataille de Waterloo.
  • Quand ? Du 22 mai au 22 juin 2025

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