De Superette, l'adresse décontractée de Kobe Desramaults à Gand

Kobe Desramaults, un nom très connu en Flandre. Avec In de Wulf puis Chambre séparée, il a bousculé la gastronomie du Nord du pays et s’est surtout fait un nom à l’international. Le chef Kobe a créé il y a quelque temps une deuxième adresse, De Superette, à Gand.

PAR FLORENCE HAINAUT ET CARLO DE PASCAL. PHOTOS D.R. |

De Superette, c'est un concentre de tous les "must do" du moment, de Paris a Amsterdam en passant par Bruxelles mais surtout par la Flandre. Un lieu decontracte a la fois boulangerie, restaurant et brunch, qui offre ce que l'on appelle de nos jours une cuisine decontractee et des assiettes a partager. Un endroit brut aussi, avec un clin d'oeil a l'affectation ancienne des lieux (l'enseigne lumineuse est restee de l'epoque ou c'etait une superette). Il y a le cote un peu heteroclite de la deco, mais en fait c'est hyper leche, et un concept : le feu. Celui du four a pizza (oui, ici on ose a la fois des assiettes a partager tres contemporaines... et des pizzas) et le feu de la cuisine. A la place de fourneaux classiques, il y a du feu avec des grilles dessus, et sur les grilles on pose des casseroles. On vous l'a dit, c'est conceptuel. Il est super tot, on a super faim, on s'engouffre dans la Super... ette. Tout de suite : accueil super sympa, genre je te parle la langue que tu veux et je te presente la carte, cool et relax...

La carte 

Même si Kobe n’est pas là (il est à Chambre Séparée), on se dit qu’on va finalement découvrir la cuisine de ce jeune prodige, qui est un de nos chefs les plus reconnus bien au-delà de nos frontières (à la différence de Florence, pour moi, c’était une première). Une carte très réduite : 8 plats. Des plats à partager (pardon, “food to share”), on l’a dit, qui sur la carte, se donnent un genre. Le genre “brut mais efficace”. Et l’avenir immédiat nous prouvera que c’est très vrai. Sur la carte, on trouve aussi des pizzas dont la présence pourrait laisser penser à un fourre-tout douteux. On verra très vite q’il n’y a aucune sortie de piste dans ce mariage apparent de la carpe et du lapin. On se laisse tenter par 4 plats qu’on va se “sharer” vite fait et on verra pour la suite.

C'est bon ?

Et comment ! Particulierement le premier envoi : des Saint-Jacques grillees au citron-beurre qui me vrillent les sens. Florence, qui connait tres bien la cuisine du chef Kobe, m'explique : Desramaults, c'est des sensations immediates, tu ne decodes pas, tu te prends ca dans les papilles, et apres tu reprends ta respiration. Les plats s'enchainent ensuite assez vite, un peu trop vite, a mon gout. Je veux bien "food to share", mais la c'est un peu "food qui se chevauche ". Du coup, on se depeche de manger de peur que ca ne refroidisse. Des choux de Bruxelles aux cacahuetes... vraiment delicieux. On sent ici que l'on a bricole quelque chose pour donner un coup d'umami a cette brassicacee parfois mal aimee ; un toast aux champignons de belle facture (surtout le toast, bien transpire de beurre) mais qui ne quitte pas le monde des toasts aux champignons.

Ensuite, ou plutot en meme temps, des joues de cochon a la fois fermes et treeeees fondantes. On aime ! On a encore un peu faim ? Oui ! On explore les pizzas ? Re-oui ! A part qu'apres ces saveurs tres terriennes et locales, je n'ai pas vraiment envie de tomate. Mais il y a une flammekueche que la serveuse prononce en aspirant tous les "h" ! Belle reussite que cette gourmande pizza en mode alsacien : creme, oignons, lardons... un peu trop salee toutefois, ce qui n'empeche pas Florence de gober toute sa demi pizza germanique, tandis que je garderai un morceau par-devers moi pour mon petit dejeuner du lendemain ! Un dessert ? Facile, il n'y en a qu'un : un tiramisu. Ben oui, ca surprend, mais justement ce tiramisu delaisse l'Amaretto (ouf !) pour le Cynar, et cette pointe d'amertume qui se joue du sucre, c'est juste parfait.

Cote liquides ? 

Il y a bien entendu du vin nature -- ca va de pair avec le decor savamment deconstruit, l'ambiance "feu qui fait des flammes" -- et des bieres "craft". Nous, la biere avec le manger, on aime ca. Donc ce sera de la Gueuze Hanssens, certes acide (c'est une vraie gueuze), mais bien equilibree, qui nous accompagnera avec fraicheur tout le repas.

L'addition ? 

104 EU a deux en restant sages sur les liquides. L'experience vecue ici n'est pas celle que l'on vit dans l'enseigne etoilee du chef, ce n'est pas le but, mais la patte de Kobe est bien presente : la cuisine est dense, le service est tres agreable, attentif et le feu donne une vraie intensite au lieu. L'addition donc tout a fait raccord avec le moment vecu.

De Superette, 29 Guldenspoorstraat, 9000 Gent. T. +32 9 278 08 08. www.de-superette.be.

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