Un indice d’égalité dans la mode et la beauté pour lutter contre le racisme

Le monde de la mode a pendant longtemps été critiqué pour son manque de diversité, souvent même taxé de raciste. Et si aujourd’hui, on assiste à une vague d’inclusivité, de nouvelles initiatives voient le jour : ainsi, le Black Fashion Council entend établir un indice d’égalité dans le secteur de la mode et de la beauté pour lutter contre le racisme. Voici en quoi cela consiste. 

Par Anissa Hezzaz. Photos : @tiffanyandco & @blackinfashioncouncil. |

Les critères de beauté ont du mal à évoluer dans le monde de la mode. Habitué aux mannequins blanches et filiformes, on assiste à un changement de mentalité et doucement, mais surement, les visages se diversifient sur papier glacé, et les visages métissés, noirs, magrébins sont enfin mis en lumière.

Aujourd’hui, des mannequins comme Adut Akech, originaire du Soudan du Sud et Anok Yai, originaire d’Égypte, la première top noire à avoir ouvert le défilé Prada après Naomi Campbell, sont les nouvelles sensations des runways. Des nouveaux visages qui témoignent d’un réel phénomène: selon le Diversity Report de Fashion Spot, près de la moitié des tops castés sur les shows aujourd’hui sont des femmes de couleur, contre 25 % il y a cinq saisons. Et si la mode a fait un véritable effort pour plus d’inclusivité, le racisme systémique semble toujours de mise. Prada et  Gucci en ont d’ailleurs fait les frais ces dernières années, étant accusés de racisme pour avoir mis en vente des porte-clés rassemblant tous les critères de la caricature raciste pour la première, et un pull qui ressemblait à une blackface pour Gucci. Ces produits avaient rapidement été retirés de la vente et les marques italiennes avaient présenté leurs excuses, mais force est de constater que malgré tous les changements récents, un certain conservatisme semble toujours d’actualité.  

 

 

Représenter les minorités 

Alors, au vu des récents évènements, et notamment pour répondre au mouvement Black Lives Matter, déclenché par le décès de George Floyd aux États-Unis, le Black in Fashion Council s’est mis en place et entend lutter à son tour contre la racisme. Il s’agit d’une organisation fondée par Lindsay Peoples Wagner, rédactrice en chef du Teen Vogue et Sandrine Charles, propriétaire de Sandrine Charles Consulting, qui veut établir un indice d’égalité dans le secteur de la mode et de la beauté. L’idée étant de permettre aux personnes de couleur une meilleure intégration professionnelle et de tendre vers une société plus égalitaire. « Nous envisageons un monde dans lequel les Noirs travaillant dans la mode et la beauté  peuvent se voir garantir l'égalité des droits et être célébrés pour leurs voix », peut-on lire sur le site web du Conseil. 

Le Black in Fashion Council produira un rapport public annuel pour suivre le travail que les entreprises qui ont signé un engagement de trois ans font pour favoriser la représentation des employés de couleurs à tous les niveaux. "La campagne pour les droits de l'homme dispose déjà d'un indice d'égalité des entreprises pour les personnes handicapées et la communauté LGBTQ, dont des entreprises comme Kering font déjà partie. Ce serait donc une façon de continuer à donner aux entreprises un bulletin de responsabilité sans qu'elles aient l'impression d'être humiliées et de leur donner les ressources réelles de ce que les gens disent vouloir voir changer", explique le Conseil. Le premier rapport sera publié en juin 2021, permettant aux entreprises d’enclencher un réel changement et de mettre en place des plans et programmes adaptés.   

 

 

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