Une cheffe wallonne en lice pour décrocher un prestigieux prix culinaire - Mélanie Englebin - Camille Vernin et Audrey Morard

Une cheffe wallonne en lice pour décrocher un prestigieux prix culinaire

À la tête du restaurant Cécila, la cheffe Mélanie Englebin est nommée aux We’re Smart Awards qui met en lumière des restaurants où les légumes tiennent une place importante. Nous nous étions entretenu avec elle il y a quelques mois.
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Idrisse Hidara

L’événement culinaire We’re Smart Discovery Awards revient très prochainement. À cette occasion, le guide We’re Smart® Green Guide récompense les restaurants qui se distinguent par leur engagement à placer les légumes au cœur de leur cuisine. Un restaurant peut être nominé pour le Discovery Award s’il s’agit d’un établissement nouveau ou récemment ouvert, mais aussi d’un restaurant établi ayant réalisé des progrès significatifs en accordant une place plus importante aux légumes dans sa carte, en proposant des menus 100 % végétaux ou en prenant d’autres mesures concrètes lui permettant d’obtenir un ou plusieurs Radishes (l’équivalent des étoiles au Michelin).

Douze pays sont en lice avec à chaque fois trois nominés par nation. La Belgique fait partie du concours avec deux adresses flamandes : De Mangerie à Bruges et Nazaku à Anvers, mais aussi un établissement situé dans le Brabant wallon. Il s’agit de Cécila installé à Ottignies-Louvain-La-Neuve. On retrouve à sa tête la cheffe Mélanie Englebin.

La Namuroise qui a maté les fourneaux de Londres à Bora Bora, a posé ses valises et ses couteaux sur les hauteurs d’Ottignies fin 2023. Son nouveau QG ? La Villa Monceau, une demeure au toit de chaume qui appartenait jadis au comte Yves du Monceau, l’« inventeur » de Louvain-la-Neuve. Ici, entre le plancher qui craque et les meubles d’époque, la cheffe déploie une partition marine de haute voltige, où la discipline de fer du kung-fu rencontre la sensibilité du produit.

Dans l’assiette, la viande est persona non grata. « Pas mon fort », glisse-t-elle avec un sourire qui ne cache rien de son dégoût pour les grosses pièces. Mélanie préfère le frisson d’un poisson XXL débarquant sur son plan de travail au petit matin. Son crédo ? Une gastronomie de l’instinct, ultra-précise, qui réhabilite le légume et sublime les oubliés des filets. Une cuisine de « grain de sable » qui refuse de brader la qualité malgré l’inflation, préférant lancer des « jeudis hors cartes » pour partager son art sans essorer le compte en banque des clients. Rencontre.

Mélanie Englebin revisite la carbonara sans pâtes :

Après la fermeture forcée de ton restaurant à Bruxelles en 2017, te voilà aujourd’hui dans une villa bucolique à Ottignies. Pourquoi ce virage géographique ?
Je n’ai pas fait exprès. Ce qui est drôle, c’est que c’est mon ancien propriétaire de Bruxelles qui m’a glissé cette adresse. Il m’a envoyé ce petit hôtel, avec restaurant B&B, et m’a dit : « Est-ce que ça t’intéresse ? ». À la base, je cherchais plutôt en périphérie bruxelloise. Mais j’ai flashé lors de la visite. En cinq minutes, j’ai dit OK, c’est pour moi.
Tu t’installes dans l’ancienne maison d’Yves du Monceau, l’homme qui a « inventé » Louvain-la-Neuve. Cuisiner dans ce décor « haute aristocratie », ça donne le trac ?
J’aime les endroits où il y a une âme, une histoire. Mon resto à Bruxelles n’était pas non plus un grand rectangle de murs blancs d’ailleurs. Ici, les planchers craquent, il y a une histoire. Les enfants du Comte sont maintenant mes propriétaires, ils ont vécu ici. J’ai connu la femme d’Yves du Monceau avant qu’elle ne décède. Ça ne m’empêche pas d’arriver avec ma cuisine moderne. L’idée, c’est que les gens arrivent comme dans une maison. Dans le salon, ce sont d’ailleurs les meubles d’origine de la famille.
Passer d’une petite adresse à Bruxelles à une villa XL, ça change quoi au quotidien ?
C’est le confort que je cherchais pour le client : un parking, un espace extérieur et surtout du calme. C’est ce qu’on me reprochait à Bruxelles : ma cuisine était en décalage avec l’agitation extérieure. Côté fourneaux, le matériel me permet d’aller plus loin. J’ai une plus grande cuisine, mieux équipée, donc je peux sortir des assiettes plus pointues, plus posées.
Une cheffe wallonne en lice pour décrocher un prestigieux prix culinaire - Idrisse Hidara - Camille Vernin et Audrey Morard
Idrisse Hidara
Ton restaurant porte le prénom de ta maman. Qu’est-ce qu’il y a d’elle dans ta cuisine ?
Avant que je commence mes études, on me répétait : « Ne t’inquiète pas, tu changeras d’avis, ce n’est pas un métier pour les femmes ». Elle, elle m’a toujours soutenue : « Ce sera difficile, mais si c’est ce qui te rend heureuse, fais-le ». Je pense que ce qu’il y a d’elle, c’est ça : son éducation, sa ténacité. Puis cet amour pour la cuisine qu’elle m’a transmis à travers les repas à la maison, qu’elle préparait avec tellement d’amour.
Quel est ton premier souvenir de cuisine ?
Je ne sais pas s’il y a un souvenir en particulier. Mais je me rappelle très bien du moment où (....)

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