Comment s'occupe Isabelle Arpin en cette période ?

Quand on demande à la cheffe la plus déjantée de Bruxelles ce qu’elle a prévu de faire ce week-end, elle répond dans un grand éclat de rire qu’elle va effeuiller 100 kilos de cresson bio... En effet, Isabelle et son associée Dominika Herzig ont eu une idée géniale pour ne pas se laisser abattre...

PAR INGRID VAN LANGHENDONCK. PHOTOS D.R. |

Tout a commencé samedi dernier. Après avoir renoncé à l’idée d‘organiser un service traiteur pour des raisons de sécurité, nous avons passé, comme tout le monde, une semaine à ranger et à mettre de l’ordre dans les papiers. Puis, nous nous sommes demandé ce que nous allions pouvoir faire de plus pour ne pas rester confinées sans rien faire... Nous avons vu que certaines initiatives avaient été prises, comme en Allemagne, et là tout a été super vite. Dominika a eu l’idée de cuisiner pour ceux qui en ont besoin : le personnel de soin des hôpitaux ! Elle a imaginé une action qui soit non seulement inscrite dans la durée, mais qui nous permettait aussi de garantir la sécurité de tout le monde.

Trois heures pour tout organiser

On travaille déjà avec le Fonds Érasme, toute l’année, alors c’est naturellement vers eux que nous nous sommes tournées. Je les ai appelés, on a exposé notre idée, ils ont contacté les chefs de service et on a su très vite quels étaient leurs besoins. Il nous fallait aussi un transport sécurisé, nous avons donc pris contact avec Sodexho, ils ont été incroyables ! Ils ont de suite répondu présent, ont mis un camion à notre disposition et nous ont bien expliqué toutes les normes à respecter, ils nous ont prêté du matériel... En trois heures, c’était organisé.

 

 

Récolte de dons 

On a récolté des dons. Les gens sont incroyablement généreux. En fait nous ne sommes qu’un relais de la générosité des gens. Ensuite, nous avons appelé toutes sortes de fournisseurs : il y a les gros fournisseurs horeca ou les organisations comme Carrefour, qui nous donnent des surplus. Ce qui nous permet de garder notre budget pour rémunérer ceux pour qui c’est plus compliqué, comme les petites structures, les fermes, comme celle de Nos Pilifs, qui a plein de marchandises et pas de possibilité de l’écouler pour l’instant. D’ailleurs, c’est comme cela que l’on se retrouve avec 100 kilos de cresson de fontaine... (rires).

Gratification suprême

Depuis nos journées sont orchestrées par cela, c’est fatigant mais super-gratifiant ! Nous cuisinons à deux. Le matin, nous démarrons tôt, avant l’enlèvement, qui a lieu vers 10h. Les repas sont distribués dans les salles de repas du personnel et répartis entre les différents services. Depuis quelques jours, nous réalisons à quel point c’est inspirant de se sentir utile. Au final, c’est nous que cela enrichit le plus tellement c’est inspirant de mener à bien ce genre de projet, de s’inscrire dans l’action... Il y a plein d’initiatives qui sont menées, les chefs sont très mobilisés : on sait que des pizzerias ont offert des pizzas pour le personnel, des boulangers ont fait livrer des croissants, ça bouge en Flandre, à Charleroi... Partout !

Et franchement, c’est un bon moyen de ne pas subir la situation. Cela nous apporte une énergie de dingue à titre personnel, le retour des gens est incroyable et c’est ça qui nous porte!

 

 

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