Dyptique, les secrets de fabrication d'une bougie mythique

De New York à Bruxelles, les bougies Dyptiques embaument les foyers et décorent les buffets les plus chics. Un succès que la marque doit à sa passion de l'artisanat, qui brûle depuis plus de 50 ans.

PAR JUSTINE ROSSIUS. PHOTOS D.R. |

L’histoire de Diptyque débute à Paris, au 34 Boulevard Saint-Germain. Nous sommes en 1961 quand trois amis – Yves Coueslant (décorateur de théâtre), Desmond Knox-Leet (peintre), et Christiane Gautrot (architecte d’intérieur) – ouvrent leur boutique ; sorte de bazar chic où s’exposent leurs créations de tissus avant-gardistes et divers objets chinés au gré de leurs voyages. Ils la baptisent Diptyque, en référence à la devanture du magasin qui rappelle les deux volets d’un tableau. Très vite, celle-ci se mue en une enseigne de décoration d’intérieur : des cerfs-volants en forme d’insectes côtoient des jouets en bois, des pots-pourris et des couvertures tissées du Pays de Galles. Un concept store avant l’heure. En 1963, le trio parisien s’associe à un parfumeur anglais pour confectionner ses premières bougies : Aubépine, Cannelle et Thé. Des bougies qu’ils glissent, à l’époque, dans des verres dénichés au Bazar de l’Hôtel de Ville. De quoi faire sourire, quand on sait qu’elles sont désormais érigées au rang de produits de luxe, dont le prix peut atteindre 230 €.

Une image intemporelle 

Au printemps 1968, sous les pavés, la plage, et dans la tête des artistes, l’idée de créer un parfum. L’Eau de Diptyque voit le jour. Une essence unique, sobre, sans distinction de genre. Du jamais vu jusque-là. Très vite, le succès est au rendez-vous et le trio compose de nouvelles senteurs en s’inspirant chaque fois d’un dessin tracé par Desmond – le peintre – et d’un souvenir personnel de l’un des fondateurs : une l’enfance au Vietnam, des vacances sous le soleil brûlant de Grèce... Plusieurs parfums naissent, mais les matières premières restent toujours naturelles (figues vertes, pétales de tubéreuse, feuilles de cassis) et le design de l’étiquette à l’ovale blanc, sur laquelle dansent des grandes lettres noires calligraphiées à l’encre de chine, ne bouge pas d’un poil. Une identité intemporelle et des parfums d’évasion... La formule fait mouche, toujours maintenant. En 2017, la marque affichait un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros et plus de 50 boutiques dans le monde.

Un écrin lumineux, confectionné à la main 

Pour quatre de ses parfums iconiques - Feu de bois, Figuier, Baies et Tubéreuse –, la Maison a créé un écrin géant en grès émaillé. Des pots XXL de 1,5 kg (pour des bougies qui peuvent brûler 250 heures) conçus pour l’intérieur et l’extérieur, et pour lesquels la marque s’est associée avec la célèbre maison Virebent, fabricant de porcelaine de renom depuis 1924. Cette manufacture, primée “Entreprise du patrimoine vivant”, jouit d’un savoir-faire traditionnel d’exception et est aujourd’hui l’un des derniers ateliers céramistes de France.

Dans l’atelier, les pots de luxe sont créés à la main en neuf opérations successives. La barbotine, mélange de terre et d’eau, est d’abord coulée dans un moule. Après plusieurs heures de repos, le pot est cuit à 980 degrés, puis recouvert d’émaux, blancs, gris ou noirs, selon les effluves. La dernière cuisson à 1 280 degrés fait fondre l’émail et apporte à la terre un fini subtil. Enfin, l’œuvre d’art bénéficie d’un assemblage de cires, évaluées à chaud et à froid par un cirier : des cires dures de provenance contrôlée, d’origines minérales, parfois enrichies de cires végétales. Sur les cendres de cette Maison, qui vendait des objets chinés aux quatre coins du globe, brûle encore la passion de l’artisanat. Rien ne semble laissé au hasard, pas même le geste pour nous faire humer la cire. En boutique, le vendeur démoule d’un coup sec la bougie sur un coussin de tapisserie et soulève ensuite le verre pour que le parfum s’envole. Un rituel magique pour que le prix en vaille la chandelle.

    Diptique et sa clique :

    Les bougies ont leurs aficionados parmi la sphère people :

    • Les rumeurs disent que Donatella Versace ferait livrer des bougies Tubéreuse par pack de trois douzaines, pour parfumer sa suite, lorsqu’elle loge au Ritz, à Paris.

    • Carrie Bradshaw, héroïne de la série culte Sex & The City, écrivait ses chroniques à la lueur de la bougie Baies, mélange délicat de cassis et de rose.

    • Dans son premier showroom, à Hong Kong, Victoria Beckham a disposé plusieurs bougies Figuier.

    • Si Karl Lagerfeld ne jure que par la Pomander et ses arômes de Noël, plus près de chez nous, Benoît Poelvoorde est fan de la Patchouli.

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