
C’est officiel, en janvier 2026, le Gault&Millau s’installera en Arabie saoudite, suivant les pas du Michelin. Le fameux « Guide Jaune » qui distribue les toques comme d’autres les étoiles, couvrira Riyad, Djeddah, Dammam, AlUla et Abha. Une première historique, qui s’accompagne d’un guide imprimé de 350 pages, d’une plateforme digitale et d’un gala annuel en grande pompe. Bref, la totale.
Le Gault&Millau vient de dévoiler les meilleurs chocolatiers de Belgique :
Quand Gault&Millau se met en mode Vision 2030
Le lancement se fait en partenariat avec la Saudi Culinary Arts Commission, sous le patronage du prince héritier Mohammed ben Salmane, et dans le sillage du plan « Vision 2030 » qui veut transformer l’Arabie saoudite en vitrine culturelle et touristique mondiale. L’idée est claire : mettre la gastronomie locale sur la carte, révéler des talents et attirer les foodies internationaux.
Le PDG de Gault&Millau International, Patrick Hayoun, parle d’« une nouvelle référence en matière d’excellence culinaire ». De son côté, la Commission saoudienne évoque la création d’« opportunités pour les talents locaux ». Au-delà du guide des bonnes tables, il y a tout un projet politique, économique et culturel.
Entre falafel et foie gras : un pari culotté
L’arrivée de Gault&Millau est donc une belle manière d’accompagner une scène culinaire en plein essor. Il s’agit de valoriser le patrimoine culinaire saoudien (un mélange de traditions régionales, de street food et de haute gastronomie émergente), booster l’hôtellerie, donner une tribune aux chefs locaux... et contribuer à une opération de soft power bien huilée.
L’Arabie saoudite investit massivement dans le sport (football, Formule 1, golf), dans la culture (cinéma, concerts, musées) et désormais dans la gastronomie. À chaque fois, le schéma est le même : attirer des labels internationaux, donner de la visibilité, asseoir une réputation. Gault&Millau, avec sa crédibilité de 50 ans et sa réputation d’indépendance, offre une caution idéale.
Soyons clairs : ce n’est pas une mauvaise nouvelle que la cuisine saoudienne sorte de l’ombre. Le pays regorge de traditions culinaires peu connues, de recettes familiales vibrantes et d’une nouvelle génération de chefs créatifs. Le Guide Jaune peut aider à les mettre en lumière. Mais il ne faut pas oublier que chaque toque posée sera aussi un outil diplomatique. En attendant, préparez-vous à lire en janvier 2026 des critiques sur le meilleur kabsa de Riyad ou le restaurant branché d’AlUla, estampillées du fameux Jaune.
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