En 2021, la robe est sexy et écologique

Tchikiboum, c'est la robe signée Marcia Wear dont tout le monde parle sur les réseaux sociaux. Sensuelle et respectueuse de l'environnement, elle enflamme Instagram avec son décolleté particulier. Rencontre avec sa créatrice, Emma Reynaud.

Par Audrey Morard. Credit photo : |

Sur la chanson de Bibi Flash, Histoire d'un soir, tube des années 1980, des corps dansent et ondulent. Les regards se croisent dans une ambiance rétro où le rouge et le noir prédominent. La fête bat son plein. Les paroles chantent : "Ce soir on sort, on oublie nos galères. Ce soir on sort et on oublie tout". Après presque une année de vie covidée et confinée, on a envie de sortir et d'oublier nos galères avec cette joyeuse bande. On veut rire et sourire avec elle.

Dans cette ambiance enveloppante et enivrante, un vêtement retient l'attention : une robe tantôt avec un imprimé crocodile, un motif tartan ou dans une version plus sobre en noir. La robe dévoile un décolleté pour le moins original. Il laisse entrevoir un ruban de peau le long des courbes féminines. Les femmes peuvent choisir de refermer les boutons, ou pas. Cette particularité fait le charme et la force de la robe Tchikiboum signée de la marque Marcia Wear. Impossible de passer à côté, elle envahit les réseaux sociaux depuis quelques semaines.

 

"Je me suis dit : personne ne portera cette robe"

Derrière ce modèle audacieux, il y a Emma Reynaud, créatrice de Marcia Wear. En juin 2018, elle décide de créer un vestiaire de robes avec une matière similaire à celle d'un maillot de bain, "assez flateuse pour la silhouette". Elle imagine plus tard le modèle Tchikiboum, sans grande conviction. "Je me suis dit que personne ne porterait cette robe, sans culotte. Au début j'avais même pensé la porter sur un pantalon comme une tunique. Au cours d'une séance photo, je me suis dit, on fait sans rien".

Le décolleté peu commun présent sur la robe Tchikiboum n'a rien d'anodin : "Celui qui dévoile la poitrine répond un peu à un diktat traditionnel qui veut que ce soit la partie du corps qu'on dévoile pour séduire, explique Emma Reynaud. Je voulais faire un décolleté ailleurs. C'est une manière de contrôler ce diktat". On retrouve ce détail plein de sensualité sur les maillots de bain mais aussi les jupes Marcia Wear. Très vite, la robe Tchikiboum connaît un énorme succès, au point d'être en rupture de stock. Les femmes se l'arrachent, les hommes l'admirent. "J'ai eu des retours d'hommes qui la trouvaient belle et chic. Mais ils sont un peu décontenancés, car ils ne l'ont pas 'imaginé' ". 

 

Le modèle Tchikiboum se veut sexy, suggestif et provocant, "même si le terme est peu fort, glisse Emma Reynaud, mais il y a un peu de cela. Oui, il y a le doute de savoir si on porte ou non une culotte. Mais on s'en fiche, on s'assume". La créatrice reconnaît avoir eu quelques craintes la première fois où elle a vu la robe portée sur une amie :  "Je lui ai dit : 'Tu ne vas pas sortir comme ça, tu vas te faire agresser !'. J'avais un peu peur pour elle. Mais la robe est arrivée à un moment où les femmes avaient envie d'être sexy. Il y a maintenant une autre manière d'être féministe en disant oui je suis sexy et je ne vais pas m'empêcher de l'être. C'est en train de changer. Les femmes s'assument. Avec #MeToo, les hommes commencent aussi à comprendre qu'on ne veut pas être importunés".

Ecologie et liberté du corps 

À l'instar de son modèle phare, Marcia Wear se veut être une marque respectueuse de l'environnement et 100% made in France. L'atelier est basé à Marseille. Un critère plus qu'important pour Emma Reynaud  : "Je ne me voyais pas refaire une ultime marque qui ne respecte pas l'environnement, ce n'était pas possible. J'essaie de faire le plus attention au quotidien. C'était une évidence". Toutes les robes sont confectionnées à partir d'un nylon écologique et recyclé appelée Econyl, une fibre fabriquée à partir de déchets provenant de décharges et des océans. Une matière souple où les corps peuvent se mouvoir et danser. Où les femmes sont libres. "C'était le but recherché. Chaque fois que je crée une robe, je me demande est-ce que je peux bouger, sauter dans tous les sens ? C'est hyper stretch. J'aurai vraiment du mal à créer une robe où on ne peut pas bouger. Je ne veux pas étriquer le corps". Allier écologie et sensualité est donc possible. 

 

Avant de lancer sa marque, Emma Reynaud travaillait dans le stylisme pour des actrices et autres célébrités. C'est l'absence de modèles écologiques, sexy et gainants à la fois qui l'ont convaincu de commencer l'aventure Marcia Wear. Elle a bien fait d'oser. Pour la suite, la créatrice souhaite développer la maille, sans matières synthétiques. Elle désire également agrandir la gamme pour la collection été, avec la même matière, mais plus de propositions. Pour encore plus sortir et oublier nos galères.

 

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