Trois marques de Gin belges et artisanaux à savourer

Boisson populaire dans les années 50, le gin connaît une nouvelle heure de gloire. Qu’il soit réinventé ou servi comme avant, son amertume nous séduit toujours autant. Et si on laissait de côté le traditionnel London Dry Gin pour découvrir des breuvages de qualité et bien de chez nous ? 

Par Perrine Dor - Photo by Joost Crop on Unsplash |

Le Gin…Trois lettres qui désignent à elles seules une des boissons les plus populaires des pays anglo-saxons. Toutefois, il ne faut pas s’y tromper : le gin n’est pas une invention anglaise, loin de là. A la surprise générale, on pourrait même dire qu’il est belge ! Calmons nos ardeurs patriotiques un instant car en fait, ce spiritueux provient des Pays-Bas au 17ème siècle… qui à l’époque, comprenait une partie de l’actuelle Belgique. A la base, il s’agissait d’un genièvre, encore appelé « peket » en Wallonie. Il s’internationalisa par la suite notamment en Angleterre où fut créé le fameux London Dry Gin. 
Mais pourquoi connaît-il un tel engouement ? Il le doit à une composition simple et à un goût prononcé qui se combine à toutes sortes d’alcool. Petit par sa taille, notre pays n’en est pas moins riche de diversités de gin. Du Nord au Sud de la Wallonie, le choix est bien là ! 

Trap Gin

Bruxelles n’est pas que la capitale de la bière…Avis aux amateurs de gin, Trap Gin est assurément une marque jeune et dynamique qui a de quoi surprendre les palais des habitués. Cette marque belge, bruxelloise de souche,  est le fruit de rencontres, celle de Quentin Renson, « un grand enfant qui ne voulait pas tout à fait grandir » comme il se définit et qui ,après un voyage en Afrique du Sud, s’est vu inspiré,  et Patrick Van Schandevijl, 5ème génération de maîtres distillateurs. De cette collaboration belge, un gin fruité est né en 2019. Il est fabriqué selon un double processus de distillation et de macération avec des agrumes et du rooibos, une épice Sud-Africaine. Ainsi, grâce à cela, « on arrive à un goût prononcé et à une couleur orangée proche de celle du whisky ». Trap Gin porte bien son nom…

S’il devait qualifier son breuvage en quelques mots, il nous dit simplement : « artisanal, local, social ». Avec une présence locale, il entend avoir un impact environnemental faible : « nous avons une distillerie à Alost , certains de nos ingrédients proviennent d’Italie et nous distribuons aussi notre gin à vélo ! En outre, cet été, on a lancé un système de recharge des bouteilles. On vient donc chez vous endéans les 2 jours pour les recharger. » Son souhait était aussi d’être engagé socialement. Ainsi, il explique qu’ « à chaque bouteille achetée, 1€ est reversé à l’association Camp de Partage ». Celle-ci offre des activités de loisir à des enfants placés en institutions ou issus de familles très précarisées. 

Finalement, ce qui résume le mieux la philosophie de son produit, n’est autre que son nom assorti de ce slogan : « Don’t grow up, it’s a trap ». A travers ces quelques mots, on saisit d’emblée l’univers de ce gin, un univers enfantin et joyeux car comme il le confie : « on souhaite offrir un peu de joie à tout le monde ». Entre bonne humeur et malice, cette initiative novatrice ne laisse pas indifférent…que du contraire. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Un petit coup de chaud ? Un petit gin to ! #gintonic #hydratezvous #ginbelge #cocktailhour #ilfautboire

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LièGin

Ce Gin liégeois prononcé, né en 2016, reflète le caractère des habitants de la principauté : convivial mais avec du caractère! En somme, il s’agit d’un concentré de la Cité Ardente en une bouteille. Combinant des arômes de fruits rouges et noirs, le LièGin Classic est la version dite traditionnelle. Ce gin biologique se distingue aussi par un visuel des plus attractifs, hommage à la ville : le perron et la couleur rouge, couleur emblématique du club de football, le Standard. 
Leur volonté depuis leur début est de travailler avec des artisans et sous-traitants locaux comme l’explique Romain Jans : « on a souhaité développer une gamme de gins plus doux, avec moins d’amertume pour en faire un gin plus accessible et moins sec. Si je devais le définir en quelques mots, je dirais qu’il est novateur par un goût subtil et fort d’un ancrage local ! »

Ce savoir-faire liégeois met donc l’artisanat à l’honneur. Avec la chocolaterie Millésime, ils ont lancé le « LièGin Millésime » : chaque bouteille est vendue avec une tablette de chocolat. R. Jans insiste sur le fait qu’ici « la spécificité est liée au fait qu’il s’agit d’une double distillation de grué de cacao. ». Ils se sont aussi associés à la célèbre violette Gicopa qui promet « un voyage dans nos souvenirs d’enfance. », en accompagnant la bouteille d’un sachet de violettes. 
En valorisant des produits bien de chez nous, LièGin entend « conquérir » le monde du Gin belge « qui a de plus en plus la cote à l’étranger » selon ses dires. 

 

 

 

Le Gin de Binche

A la recherche d’un gin « haut de gamme » et original ? En Région wallonne, une marque de gin commence à faire des émules : le Gin de Binche. Servi à la carte de certains restaurants étoilés tels que le Bon-Bon à Woluwe Saint-Pierre, il a été conçu en 2017 par Jérôme Urbain et est actuellement distillé à Biercé. Cette fin août, ce gin a même été primé à la New York International Spirits Competition en décrochant la double médaille d'or!
Ce gin « nouveau style », comme il le définit, diffère des gins traditionnels sur le marché par un arôme doux d’orange sanguine, qui renvoie à la tradition carnavalesque binchoise. Outre cet aspect gustatif, le visuel de la bouteille attire également l’œil des curieux et connaisseurs. Elle est un hommage à la ville de Binche mondialement connue pour ce patrimoine immatériel. Le Lion et la couleur argentée, blason de la ville, habillent cette bouteille : effet « made in belgium » garanti…

 

 

 

Notre plat pays se destinerait-il à devenir un acteur incontournable sur ce marché ? Au vu de tous ces concepts surprenants, il a des chances pour, du moins, attiser la curiosité des connaisseurs et des néophytes. 
A la façon d’un James Bond lançant nonchalamment un « Vodka-Martini au shaker, pas remué », on ne peut que dire « un Gin à la belge, pas des moindres ».  N’attendez plus à les découvrir, il n’y a décidément pas que la bière en Belgique…

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