Le Monde est Petit, une cuisine classique, mais maîtrisée à la perfection

Ça fait des années que Carlo me parle de Le Monde est Petit. Mais pour tout vous dire, et malgré ses efforts, il me l’avait très mal vendu. La surprise n’en a été que meilleure. Le monde est petit, mais le chef est grand !

TEXTE ET PHOTOS FLORENCE HAINAUT ET CARLO DE PASCALE. |

Nous étions chez Coquum lorsque Carlo a remis le couvert. Le chef du resto a travaillé des années avec Loïc Villers, du Monde est Petit. "Je suis sûre que tu aimerais. C’est classique mais vraiment c’est bien fait." Bref, il ne me donnait pas envie. Puis il a dit Ris de veau et, animée par une dévorante passion pour cette glande, j’ai dit OK !

Le lieu

Carlo emmène sa cadette, ce soir-là. Une petite chose qui me dépasse désormais de 4 cm. Non seulement Elena est grande, mais à force de suivre son père au resto, elle s’avère aussi une excellente partenaire de chronique, avec un goût sûr et un regard frais. "Ce n’est pas assez lumineux", tranche-t-elle, peu sensible à l’ambiance tamisée de cette salle chic et sobre, aux nappes blanches et aux sièges gris.

Dans l'assiette

Elena n’a pas l’âge de boire de l’alcool, moi oui. Je prends l’apéritif maison : un prosecco millésimé, mandarine Napoléon et cassis, parfaitement équilibré pour quelqu’un qui aime modérément le sucre dans son verre. En mises en bouche, une croquette de lentilles aux épices tandoori et une petite tuerie ; un tartare de veau aux pêches, glace au thon. Je répète : glace au thon. Mais j’en veux un cornet avec deux boules, c’est excellent ! Pas de carte, mais un tableau, qui évolue selon le marché, la saison, l’humeur. En entrée, j’opte pour la fricassée de langoustines et lard basque, chou vert, émulsion au thym citron, Elena choisit le poulpe grillé, brandade de poisson, émulsion de poivrons rouges à la harissa. "Non mais t’es sûre que tu aimes la brandade ?", s’inquiète son père qui opte, lui, pour ce qui va s’avérer être la meilleure des trois (très bonnes) entrées : le carpaccio de Saint-Jacques, panacotta de chou-fleur, gaufre aux algues, sorbet à l’huître. Je termine la brandade d’Elena. En plat, le ris de veau, évidemment. Entier, meunière (fariné et revenu dans le beurre), caché sous une raviole ouverte, servi avec une poêlée de girolles, une purée de potiron, des épinards et un jus à la gueuze. "Mais tu manges tes épinards", prévient le père. L’enfant engloutit son ris en ronronnant, idem pour moi. Je mange ses épinards. Privilège de client habitué, Carlo a réussi à se faire servir un plat qui n’était pas à la carte, son riz à lui, sa passion : le pigeon. Je ne juge pas les goûts des gens, surtout quand ils ont l’air si heureux.

A boire

On prend juste un verre de Gamay de Touraine, Les Chardons, gentiment bio et passe-partout. L’œnologie, ce n’est pas leur passion. Donc il y a de bonnes choses à boire mais ce n’est pas le cœur du lieu, se sent obligé de m’expliquer Carlo, qui sait à quel point le vin m’émeut. On a largement assez mangé, surtout moi, alors on partage deux desserts. Un moelleux chocolat et glace vanille et un crémeux chocolat-moka, caramel, tartare de poire, granité au café. Elena ayant lancé une OPA sur le moelleux, nous nous rabattons sur le crémeux, sorte de mousse avec une surprise à chaque étage. "Alors ?"me demande l’habitué, qui fréquentait le lieu avant même la naissance de sa petite dernière. Alors très bien. Je comprends mieux ce qu’il me dit depuis si longtemps.

Le Monde est Petit, c’est un bistro chic de quartier, avec un chef attentif et bosseur. Sa femme, Tatiana, en salle, pour un service soigné mais pas amidonné. On y mange extrêmement bien. Et Carlo a raison, à force de fréquenter des endroits à chefs tatoués et vins déviants, j’ai parfois tendance à oublier que la cuisine dite classique, quand elle atteint ce niveau, c’est quand même fabuleux ! La petite est fatiguée, on paie (environ 75 € par personne) et on va dormir, repus et heureux.

Le Monde est Petit, 65 rue des Bataves, 1040 Bruxelles. 

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