Montblanc dans la cour des grands

Depuis sa création en 1906, la maison Montblanc « fabricant de stylos en or et stylos plume de haute qualité » - a toujours su conserver ses valeurs d’excellence et d’artisanat traditionnel.

Par Passion Montres. Photos : D.R. |

Véritable icône stylistique d’un design intemporel, le fameux «Meisterstück » est devenu aujourd’hui le symbole de la culture de l’écriture. En 1997, quand la société Montblanc présentera au salon International de la Haute Horlogerie (SIHH) à Genève, la première montre qui porte sa signature, elle lui attribuera la même définition : celle d’un modèle « fait main », dans les règles de l’art. Mais il faudra attendre dix ans de plus pour voir la marque horlogère entrer véritablement dans « la cour des grands » avec le rachat en 2007 de la manufacture MINERVA, fondée en 1898 à Villeret et reconnue pour la qualité exceptionnelle de ses mouvements fabriqués à la main.

Suivra très vite la réalisation du premier mouvement entièrement fabriqué dans ses propres ateliers - le MBR150 - auquel succéderont, au fil de la dernière décade, plusieurs garde-temps de haut niveau, souvent inspirés du prestigieux catalogue de la Maison MINERVA. Aujourd’hui avec une production estimée à 80.000 pièces par an, l’unité horlogère de Montblanc revendique d’intégrer l’esprit de Minerva dans les différentes lignes de la maison. C’est, en tout cas, l’ambition de son CEO, Nicolas BARETZKY, aux commandes depuis 2016

 

La marque Montblanc bénéficie-t-elle de plus en plus de l’aura et de l’expertise de MINERVA ?

"Notre intention n’a jamais été de développer la manufacture MINERVA en soi, mais bien d’insuffler son esprit dans les différentes lignes des montres Montblanc et d’intégrer son expertise dans un certain nombre de pièces de haute horlogerie. Á titre d’exemple, la ligne 1858 que nous avons présentée lors du dernier SIHH, comporte une vingtaine de pièces qui s’inspirent directement de l’univers MINERVA. C’est la raison pour laquelle nous avons regroupé les deux entités sous une même direction, pour mieux intégrer Villeret dans la stratégie globale de MONTBLANC."

Quelle est l’évolution récente de votre structure des collections et de votre politique de prix ?

"Notre objectif est de rationnaliser de plus en plus notre offre en réduisant le nombre de nos collections : d’une part, les montres classiques avec les familles 4810 et Héritage, avec Bohème pour les dames et star en collection mixte ; d’autre part, un nouvel univers de montres sportives et professionnelles, avec les collections Time Walker et 1858. Parallèlement à cette évolution, nous continuons à travailler nos pièces iconiques, tout en poursuivant notre volonté d’aller vers une expression plus forte et plus contemporaine. Depuis quatre ans, nous œuvrons pour repositionner notre offre horlogère sur un segment prix plus agressif. Le prix moyen de nos garde-temps se situe entre 3.000 et 3.500 euros, tout en atteignant parfois les 20.000 euros pour des montres compliquées avec la référence Villeret."

Comment sont localisées vos ventes principales ?

"Notre client principal est d’abord un client local, qui représente actuellement plus de 50% de nos ventes. Mais nous sommes convaincus que, avec la nouvelle offre sportive que nous venons de développer, des marchés comme les Etats-Unis, le Japon ou le Royaume-Uni comportent encore un potentiel important… tant pour de nouveaux détaillants, que pour nos boutiques en nom propre. "

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