Pollution numérique : quelle est l’empreinte carbone d’un simple mail ?

Alors que ce 22 avril marque le Jour de La Terre, quelques semaines après la publication du dernier rapport alarmant du GIEC, diminuer notre empreinte carbone pour tenter de sauver la planète semble plus que jamais au cœur des préoccupations. Et si on commençait d’abord par nettoyer sa boîte mail pour réduire la pollution numérique ?

Par Anissa Hezzaz. Photos : Pexels |

Aujourd’hui, plus que jamais, notre planète a besoin que l’on réduise notre empreinte écologique. Durant la première année du confinement, l’humanité avait réussi à gagner trois semaines sur le jour du dépassement de la Terre, soit ce fameux jour où toutes les ressources que la planète peut renouveler sur une année sont épuisées, qui d’année en année arrive de plus en plus tôt mettant la terre à crédit.

La vidéo du jour :

S’il est vrai que les trajets en voiture ou en transports en commun avaient été drastiquement réduits durant cette période, et que dans les endroits très touristiques du monde , la nature avait repris ses droits, une autre habitude quotidienne n’avait alors elle pas changé : notre consommation numérique était même en plein boom quand, confinés à la maison, il ne nous restait plus rien d’autre pour communiquer avec le monde extérieur. Ces dernières années, on a diminué radicalement la consommation de papier, luttant ainsi contre la déforestation, pourtant un autre problème subsiste : c’est au tour de nos boîtes mails de déborder et de polluer notre planète.

Un mail, aussi énergivore qu'une ampoule allumée

Car aussi difficile à croire que cela puisse être, envoyer un email consomme à peu près 4g de CO2 comme le rappelle l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Ce qui reviendrait à laisser une ampoule allumée pendant 6 minutes. Ajoutez à cela des pièces jointes et la consommation énergique de votre email peut vite devenir très vorace, au point d’atteindre parfois 19g de CO2 si la pièce jointe fait entre 1 à 10 Mo, soit l’équivalent d’un trajet de 500 mètres en voiture. Ainsi, si vous envoyez 20 mails par jour, vous consommeriez autant qu’en parcourant 100 kilomètres en voiture. Dans le monde, l’institut de statistiques Statista estime qu’environ 319,6 milliards d'e-mails étaient envoyés et reçus chaque jour en 2021. Ce chiffre devrait dépasser 376,4 milliards en 2025. Bref, vous l’aurez compris, si vous avez décidé de privilégier le vélo à la voiture, si vous optez pour le train plutôt que l’avion et si vous avez réussi à réduire votre consommation d’eau, de plastique et autres, il faudrait également enfin penser à réfléchir à votre consommation numérique quotidienne et à la réduire.

Certes l’envoi des emails n’est pas le plus énergivore dans la pollution numérique, regarder une vidéo en streaming demanderait en effet la même consommation qu’un frigidaire allumé pendant un an, cependant envoyer un email fait partie des usages numériques quasi quotidiens. Voici donc quelques pistes pour vous aider à réduire le bilan carbone de votre consommation numérique :

- Envoyer un email plutôt que 3 : si votre collègue est à quelques mètres de vous, levez-vous plutôt que de lui écrire un email. Si cela n’est pas possible, car vous avez besoin d’une trace écrite, alors pensez à compacter vos emails.
- Désabonnez-vous de toutes les newsletters que vous ne lisez pas : elles polluent vos boites mail et les saturent, pensez à ne garder que celles qui vous intéressent vraiment.
- Trier régulièrement vos mails : pour commencer, pensez à faire un grand nettoyage de printemps dans votre boite mail en supprimant tous les mails inutiles. Ensuite, pour éviter de voir votre boite mail à nouveau remplie, pensez à supprimer ce qui ne vous intéresse pas au fur et à mesure.

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