Bistro Racine, le restaurant étoilé à la cuisine bistronomique qui dépote

Comme chaque semaine, Carlo de Pascale et Florence Hainaut nous emmènent au resto. Carlo est chroniqueur food et conso, Florence est journaliste. Ils aiment débattre sans fin sur les restaurants avec ou sans menu, les vins avec ou sans sulfites. Bref, ils aiment manger ensemble. Cette semaine on vous emmène dans un endroit plus si secret que ça : chez Bistro Racine. Ce petit établissement fait un véritable carton, notamment depuis l’obtention de l’étoile Michelin, en novembre 2017.

TEXTE CARLO DE PASCALE ET FLORENCE HAINAUT. PHOTOS : MYRIAM BAYA |

Cette semaine on vous emmène donc dans un endroit où vous aurez bien du mal à réserver une table. Lors de notre passage, les prochaines disponibles l’étaient d’ailleurs dans trois mois, c’est dire...Notre motivation n’était sûrement pas d’aller vérifier le caractère mérité ou non du fameux macaron Michelin, mais plutôt de satisfaire notre envie de découverte de bistrots gourmands, un genre qui – vous commencerez doucement à le savoir- nous réjouit le corps, l’esprit et l’âme, d’autant plus quand nous y associons nos proches de très près. Ce que nous avons fait ce soir-là, parce que si manger, c’est de l’amour, autant prendre nos amours avec pour voir ce que donne le combo.

L'endroit 

    Le cadre est sans relief particulier, pas de faute de goût non plus. Et au final, le meilleur élément de déco, c’est la trancheuse Berkel (célèbre marque de trancheuses domestiques, ndlr) qui, dès notre arrivée, nous distille de fines tranches de saucisson de charcutier basque orfèvre, le tout avec un vrai beurre et un vrai pain, dont Florence mangera l’équivalent d’une miche de 700g pendant que je sirote l’excellent cocktail maison (potiron, Calvados, Kahlúa, jus de citron et d’orange, épices, angostura).

    Le repas

    Il y a depuis quelques années, un malentendu chez certains mangeurs étoilophiles sur le fait qu’un étoilé serait un lieu où d’office on vous servirait moult mises en bouche, menus kilométriques de petites assiettes frugales, pré et post-desserts. C’est certes souvent vrai, mais l’étoile, surtout la première, sanctionne l’assiette et rien que l’assiette. Nul n’est besoin pour le restaurateur d’épouser les codes de la gastronomie du moment pour se la voir octroyée. On verra d’ailleurs que les prix, comme les codes, sont ici restés au niveau de ceux d’un bistro de qualité.

    Le duo derrière le concept : Jimmy Collodoro, chef (mais chef en salle), et son associé Jean-Marie Bucumi, qui officie en cuisine. Jimmy nous décrit la (courte) carte avec détails, mais sans en faire des tonnes, juste de quoi nous aider à faire un choix. Pas de menu, ça fait du bien de temps en temps (sauf pour Florence qui ne sait jamais quoi choisir). On commence : œuf parfait (plat signature, un classique qui réjouit toujours, même si on l’a vu partout) délicieusement garni de champignons, châtaignes et croûtons pour Florence et ma compagne, tartare de thon blanc subtil pour l’amoureux de Florence et un très élégant couteau et confit de tomate pour moi.

    On enchaîne avec un joli canard sauvage en deux cuissons pour trois des convives, qui s’avère un excellent plat, garni de panisses (sortes de frites de pois chiches) et d’un délicieux tronçon de navet acidulé farci barbajuan (un plat typique du Sud, les deux patrons ont officié à Beaulieu). Belle entrecôte Holstein au four Mibrasa pour ma compagne, bien secondée de légumes de saison et relevée d’un jus bien serré intense qui se laisse saucer jusqu’à la dernière goutte. On se veut ici bistro, mais on soigne l’envoi à la manière gastro. Bref, ça dépote. Du dessert ? Oui ! Mousse au chocolat et noisette caramélisée pas tout à fait assez intense à mon goût (mais Flo ronronne), café gourmand qui mérite vraiment son nom et tarte tatin revisitée, mais surtout perfectionnée... strike again ! Bref, on a bien mangé ? Très !

    Les vins 

    La carte au mur est construite par Jimmy. À la demande de Monsieur Florence de nous proposer un choix vraiment “nature”, il ne se fera pas prier, à tel point que ce sera trop extrême pour mes goûts de naturiste modéré, mais pas assez pour les deux extrémistes en face.

    L'addition

    On s’en sort à moins de 70 € par personne, soit le prix d’un bon repas dans une brasserie de qualité. Sauf qu’ici, c’est un peu plus que ça, ce qui fait que le rapport qualité prix est tout simplement bluffant. Voilà qui explique sans doute le succès, au-delà de l’étoile plutôt inattendue, surtout par les deux propriétaires.

    2 rue Courte de la Station, 1440 Braine-le-Château. Ouvert du mardi au samedi, de 12h à 14h, et de 19h à 21h.

    www.bistroracine.be

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