Pourquoi est-on tous accros à la cuisine coréenne ?

À chaque décennie, sa cuisine tendance. Si durant les quinze dernières années, on a adoré sushis et autres ramen, une autre cuisine asiatique inspire désormais les chefs belges: la gastronomie coréenne. Dites « annyeonghaseyo » au kimchi, bulgogi et compagnie !

Par Laura Swysen. Photos D.R. sauf mentions contraires. |

Pour les gourmets qui fréquentent des adresses branchées telles que Humus x Hortense, Old Boy ou l’Air du Temps, il n’est plus étonnant de croiser du kimchi (chou fermenté épicé) et du gochujang (pâte pimentée) au menu des restos belges. Notre pays compte d’ailleurs de plus en plus d’adresses mettant à l’honneur la gastronomie coréenne, comme Nom Pow, un resto de tapas asiatiques qui a ouvert ses portes au centre de Bruxelles.

« Avant de lancer Nom Pow, nous avons créé BAOGO, un resto spécialisé en bao (un pain brioché très populaire en Asie), explique Cui Yuxing, son fondateur. Comme nous avions développé une bonne relation avec Deliveroo, nous avons lancé notre concept de dark kitchen (des établissements dédiés à la livraison à domicile, NDLR). Après quelques recherches, nous avons constaté le manque d’offre de plats coréens à faire livrer à Bruxelles et nous avons lancé KOBAP, une marque virtuelle spécialisée en bibimbap. Au vu des nombreux retours positifs, nous avons ouvert notre propre restaurant ». Dans cet établissement, vous pouvez vous délecter de spécialités issues de la street food asiatique dont des mets typiquement coréens comme du poulet frit ou du bulgogi, un plat à base de viande de bœuf marinée et épicée. 

À Ixelles, le restaurant Bap & Dak s’est lui aussi développé autour d’une spécialité coréenne : le bibimpab (un met à base de riz, viande et légumes). « Après avoir vécu à Londres pendant deux ans, je suis rentré à Bruxelles afin de développer un concept de restaurant. En tant que grand amateur de cuisine coréenne, j’ai décidé de me concentrer sur le bibimbap, un plat très réconfortant. », explique Stefaan De Smedt le propriétaire des lieux. Entretemps, l’établissement s’est développé et a ajouté d’autres spécialités coréennes à son menu. « La Belgique était à la traîne en matière de cuisine coréenne. Cette gastronomie est beaucoup plus présente à Londres ou à Paris ».

Entre épices et traditions

Comme toutes les cuisines du monde, la gastronomie coréenne est le résultat de sa géographie, de son histoire et de sa culture. Étant un pays péninsulaire, les produits de la mer ont acquis une grande importance, mais sans éclipser pour autant la viande – ce n’est pas pour rien que le pays est mondialement réputé pour son fameux barbecue. Le climat, qui est caractérisé par des saisons bien marquées, permet de cultiver des légumes, des plantes médicinales et favorise les conservations telles que la fermentation, une technique qui décuple les vertus des aliments.

Côté histoire, le pays a été marqué par les influences chinoises et japonaises mais aussi par des religions comme le bouddhisme et le confucianisme. « Pour les Coréens, déguster un plat ne signifie pas simplement « se nourrir », mais respecter un certain nombre de principes, comme la combinaison des cinq couleurs traditionnelles (blanc, noir, jaune, rouge et bleu), l’harmonie entre le Yin et le Yang ou les règles de l’étiquette, qui ne sont pas de simples « bonnes manières », mais une élégance engageant tout un art de vivre. », analyse BAIK Sunghee, cheffe du cours de cuisine du centre culturel coréen à Bruxelles.

 

Faim de culture

La tendance de la fermentation n’est pas le seul élément qui explique l’engouement actuel pour la cuisine coréenne. Avec sa croissance économique exponentielle et ses technologies avant-gardistes, la Corée n’est plus considérée comme un pays lointain et inaccessible. De plus, la popularité de la K-pop, des séries et du cinéma coréens ont propulsé la culture coréenne sous le feu des projecteurs, une vague baptisée Hallyu.

« Quand le boys band de K-Pop, Bangtan Boys s’est retrouvé classé au premier rang du fameux Billboard Chart, ce fut la consécration pour ce genre musical, dont le succès n’a cessé de se répandre dans le monde. De même, lorsque le film Parasite de Bong Joon-ho s’est vu décerner les quatre Oscars les plus importants en 2020. (...) Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si dans la programmation Netflix, on retrouve de nombreux dramas coréens », assure KIM Jaehwan, Directeur du Centre culturel coréen de Bruxelles. « Ces multiples coups de projecteurs sur les productions culturelles coréennes ont ainsi permis aux Européens de s’intéresser à nos contenus populaires, et c’est ainsi qu’ils ont pu découvrir parallèlement notre cuisine ».

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