La Grappe d'Or, l'étoilé qui va vous faire aimer la Gaume

Oufti, c’est loin Torgny, du moins quand on vient de Bruxelles. Mais quel endroit magique ! Ce petit village ressemble à s’y méprendre à un hameau provençal avec ses vieilles pierres de pays et son lavoir. Mais surtout, c’est là que se niche La Grappe d’Or.

TEXTE ET PHOTOS : FLORENCE HAINAUT ET CARLO DE PASCALE. |

À moins que vous ne soyez voisins, l’excursion à la Grappe d’Or risque de s’apparenter à un minitrip, avec nuit sur place. Ça tombe bien : Clément Petitjean et sa femme Monia Aouini gèrent aussi une série de chambres (entre 69 € et 190 €). Carlo y étant allé voici quelques mois, c’est sans lui que j’ai découvert l’adresse qui fait partie de ses “Best of Wallonie”.

Faut dire que le resto a sa petite réputation et draine des estomacs de tout le pays et au-delà. En 2008, le chef, qui devait avoir 25 ans à l’époque, décroche l’étoile, un an à peine après avoir repris les rênes de l’établissement. Il est, au fur et à mesure des années, devenu l’un des fers de lance de Génération W, un collectif de chefs wallons qui a à cœur de travailler des produits du terroir et d’en faire la promotion. Le pigeon vient de la ferme de Sohan à Pepinster, les plantes, fleurs et légumes de Sensenruth, les fromages belges sont sélectionnés par Pascal Fauville, et les yaourts viennent de la Bergerie d’Acremont.

Le lieu

On ne va pas vous mentir, l’étape est plutôt chic, même si le premier menu est à 43 €. On opte pour la formule “Composition” (84 € ou 122 € avec l’accord mets-vins). On n’est pas dans une cantine sans chichis. Ici, les nappes sont blanches, le service est sans accroc et le public pas très rock’n’roll. L’ancienne ferme gaumaise est superbement rénovée et le jardin, où on dépose avec délicatesse les clients pour l’apéro, un havre de paix.

L'assiette

Ce jour-là, dans la salle, où la canicule passait décidément mieux avec quelques ventilateurs, nous avons reçu un sandre aux herbes anisées (le chef adore mettre plein d’herbes bizarres dans ses plats et ça tombe bien, rien ne m’excite plus qu’un truc vert inconnu), un turbot poché, beurre blanc au maitrank, navet laqué à la tagette (une plante bizarre) et pickles. Le chevreau nous a tiré une larmichette. Dommage, Carlo n’est pas là pour profiter du chariot à fromages, parce que moi, je me force, mais je n’aime toujours pas ça. Légère détente à l’arrivée du dessert : des fraises (oui, locales), un crumble de lait, riz d’épeautre, sorbet fraise et oseille rouge.

À boire ?

C’est Monia qui s’occupe des vins. Une sélection plutôt classique, à part un Red is Dead, un pétillant naturel rosé, du domaine Le Sot de L’Ange en Loire, gentiment barré, qui m’a fait battre des menottes de bonheur. Pas bêtes, Clément et Mounia gèrent aussi la boutique Vin en vie, plus bas dans la rue, où je suis allée en acheter le lendemain. Et c’était comment, ce repas ? Le Chef, même s’il n’a pas 40 ans, est loin d’être un débutant. Clément Petitjean aime surprendre, notamment avec des touches d’acidité qui bousculent les papilles, dans le bon sens du terme, selon Carlo qui trouve que l’originalité du chef est dans l’assiette, dans les goûts tranchés.

Bref, même si nous n’y avons pas dîné ensemble, mon comparse à lunettes s’est plus éclaté que moi. Soyons de bon compte, tout était parfait dans mon dîner, je ne pourrais absolument rien reprocher au menu, c’est une question de goût : j’aime la cuisine qui fait pouet pouet et les chefs flamando-scandinaves aux tatouages improbables, les assiettes très simples, les tables sans nappe et les bouteilles qui pétillent sans faire exprès. Par contre il y avait à la Grappe d’Or un truc que je n’ai trouvé nulle part ailleurs : à côté du lavabo, dans le coin où on va se repoudrer le nez, un grand bocal de soucoupes volantes acidulées. Quel bonheur d’avoir six ans à nouveau !

La Grappe d'Or, 18 rue de l’Ermitage, 6767 Torgny. T. 063 57 70 56. Ouvert du mercredi soir au dimanche midi.

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