Le Bout de Gras, le bistro traditionnel aux origines créoles

Rue Américaine, à deux pas de la place du Châtelain, les restaurants se suivent et ne se ressemblent pas. Le coin est toutefois un bon spot à restos, mais il faut les connaître. Parmi eux, il y a... Le Bout de Gras!

PAR FLORENCE HAINAUT ET CARLO DE PASCALE. PHOTOS D.R. |

Le Bout de Gras n’est pas nouveau, j’y suis déjà allée une poignée de fois. Et le côté en dents de scie, oscillant entre "Pas mauvais" et "Vraiment très très bon", nous faisait hésiter à vous en parler. T’es sûre ? me demande Carlo, qui a un souvenir peu enthousiaste d’un repas pris il y a plus de deux ans ! Oui, sûre. Parce que ça, c’était avant. Laurent, le chef, un Créole qui a atterri à Bruxelles, et en cuisine, par hasard (et par amour), est toujours aussi détendu du tablier, mais il a fait de son resto autre chose qu’un endroit où servir des coups à ses potes. On y a toujours bu des coups avec ses potes, mais surtout, on a eu le plaisir de voir un chef n’en faire qu’à sa tête (bien faite) et nous envoyer une série de choses réjouissantes. Bon, on vous prévient, le restaurant porte bien son nom. Il y a moyen d’y manger sain, mais ignorer son cassoulet créole serait une erreur.

Le lieu

L’endroit a été, un jour, une charcuterie. Les carrelages au mur en attestent. Aux tables, on préfère le bar. Faut dire qu’ici, on ne sert que des vins nature, le genre de source dont j’aime me rapprocher de peur d’en perdre une goutte. Derrière ledit bar, il y a Jules, que bientôt nous verrons double tant il fera défiler des verres de choses hautement buvables. Il commence par un Riesling de Kumpf et Meyer, qui réconcilie avec l’Humanité.

À table

À chaque fois, avec Carlo, on se dit qu’on va arrêter de manger trois corbeilles de pain, mais à notre décharge, celui du Bout de Gras est au levain et le beurre normand vient de chez Catherine, la fromagerie de la rue du Midi. Vous grignotez un truc ?, nous demande alors la montagne d’humour et d’amour qu’est le Chef. Et nous voilà avec, en guise d’apéro, une brandade de morue et des maquereaux grillés, caramel aux épices. Ici, les produits viennent de pas trop loin, la carte est courte et évolue souvent. Je vous fais un menu ? Oui, évidemment! Attachez vos ceintures (pas trop serrées), c’est parti pour une succession d’assiettes à partager. Les asperges rôties, sauce hollandaise, croustillant de cochon et mousse de moutarde nous laissent pantois. C’est bon ? Attendez la suite !

Déboule un shabu shabu texan. La limousine est maturée pendant six semaines et Laurent a imaginé une sauce barbecue affolante au piment, café et whisky. Et hop, un verre des Gamines, un Languedoc qui passe crème. Arrivent la cuisse de canard confite maison aux quatre épices, réduction de pied de cochon à la moutarde, feuilles de moutarde et pickles de chou kale. C’est aussi bon que ça en a l’air. Puis, venue de nulle part, une croquette de pied de cochon. Le péché mignon de Carlo. Moi, le côté gélatineux ne m’excite pas des masses. Jules me prête alors son pot de sauce pimentée faite maison. Ma croquette fait la lambada! Je garde le pot et tente – avec succès – le piment sur le cassoulet créole (“saucisse, cuisse de canard et amour”, annonce la carte).

Impossible de terminer, je crie “grasse / grâce”. Mais voilà une joue de cochon qui arrive et elle est tellement bonne qu’on se concentre pour faire un peu de place.

Par contre, pas de dessert : impossible ! On y retourne? Oui. Même si les soirées ici peuvent s’avérer “capillo-douloureuses”, ce resto, c’est que de l’amour et du gras. Laurent nous comptera le menu à 40 € et Jules, le forfait vin à 35 €. À la carte, les entrées varient entre 9 et 12 € et les plats entre 18 et 23 €.

Le Bout de Gras, 89 rue Américaine, 1050 Bruxelles. T. 0488 16 00 12.

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