Nanaban, le restaurant japonais où on "slurpe" les ramen avec délectation

Comme chaque semaine, Carlo de Pascale et Florence Hainaut nous emmènent au resto. Carlo est chroniqueur food et conso, Florence est journaliste. Ils aiment débattre sans fin sur les restaurants avec ou sans menu, les vins avec ou sans sulfites. Bref, ils aiment manger ensemble.

TEXTE ET PHOTOS CARLO DE PASCALE ET FLORENCE HAINAUT. |

Un soir de semaine tout froid et pluvieux, Carlo et moi avons décidé d'aller nous réchauffer le coeur et l'âme chez Nanaban. 

Nanaban. Ce nom circule depuis longtemps parmi les adorateurs de ramen. Il se murmure même qu’on y trouve les meilleurs. Mieux que chez Samouraï ? Que chez Menma ? Quand même pas que chez Yamato ?! Si si, on nous l’assure. Mais le Nanaban, c’est aussi un restaurant dont le cadre est aussi chaleureux qu’un frisko et qu’on vous déconseille pour un rendez-vous amoureux, rapport aux nouilles sur le menton et à la passion du chef pour l’ail. Pas de réservation possible, des horaires minimalistes, un service ultrarapide et une clientèle japonaise assidue, ce qui est plutôt de bonne augure dans un restaurant japonais.

Les ramen, c'est quoi ?

Zaventem, au comptoir d’une gargote nippone. À notre droite, un couple de Japonais qui slurpe avec entrain et sans complexe. À notre gauche, un couple d’un certain âge, bon chic bon genre, qui essaie d’attaquer son bol fumant tout en tenant son rang. Mission impossible, les gars. On ne peut pas manger des ramen sans s’en mettre un peu partout et faire de grands bruits un peu anatomiques. C’est même la moitié du plaisir. Il faut dire que Carlo et moi nourrissons une passion quasi malsaine pour les ramen. On les as tous goûtés, du moins à Bruxelles. Et c’est quoi ? Mais c’est la vie ! Dans sa version classique, c’est un grand bol de bouillon, au soja, miso ou aux os de porc, des nouilles, quelques tranches de rôti de porc, des germes de soja, un œuf mollet mariné au soja, des oignons verts, des algues et diverses choses plus ou moins académiques selon les adresses. Une fois cette petite baignoire fumante servie, on s’appuie sur le comptoir, on rapproche le haut du corps dudit bol et on attaque, un peu aux baguettes, un peu à la cuillère... Le pull absorbera le surplus. On en sort toujours repus, souriants, revigorés. Et un peu sales.

    La carte, la dégustation

    Revenons à notre resto pas très chaleureux, mais apparemment mythique. À la carte, dix sortes de bouillon (entre 12 et 14 €), ce qui est un record. Carlo prend celui au miso, relevé à l’ail et au lard. J’opte pour mon favori, le tonkotsu, aux os de porc, mais version ail et lard également. Après tout, on n’est pas là pour draguer. Pourtant il s’en est fallu de peu pour que je recrée à l’insu de mon plein gré la scène culte de Quand Harry rencontre Sally » (Quand Meg Ryan simule un orgasme dans un restaurant, ndlr). Mamma mia... quel régal !

    Chaque cuillère passe direct de la bouche au cœur. Carlo s’extasie sur le sien, particulièrement savoureux, avec ses petites touches de gingembre. Normal : c’est le mien, on s’est trompé. Son bouillon au miso est néanmoins absolument affolant, puis je lui piquerai la fin de MON bol quand même. On doit admettre que ce sont les meilleurs bouillons que nous ayons goûtés. Et vous l’aurez compris, on en a testé un paquet. L’idée de génie : pour 2 € de plus, vous recevez une version extra-large, et pour 2 € de moins, une version plus modeste, mais largement suffisante. C’est d’ailleurs ce qu’on a commandé. Et qui dit petites portions dit “on va aussi prendre le reste de la carte pour goûter”.

    À part les ramen, il y a aussi quelques petites choses à grignoter. Peu de choix, mais que du bon. Des gyozas (raviolis japonais) au poulet parfaitement assaisonné et généreusement aillés (5 €), un truc dont j’ai oublié le nom, un petit bol de riz au porc rôti (4 €) qui, sans être transcendant, se laisse tout de même dévorer en deux minutes et du kara-agué (5 €), des petites bouchées de poulet frits, fondantes comme c’est pas permis. Immense régalade, je me ferais bien greffer une deuxième bouche pour en manger plus et un bras pour tenir Carlo éloigné des assiettes. Partager, c’est beau, mais quand c’est vraiment bon, faut tenir l’autre à l’œil. À boire, on vous prévient, c’est le minimum légal. Je prends une bière Asahi (3 €) et Carlo une petite bouteille de sake (6 €).

    Le verdict ?

    L’opération aura duré 45 minutes top chrono. Ici, on entre, on s’assied, on slurpe et on s’en va. Et c’est très bien comme ça. On y retourne ? Oui, évidemment, et avec notre passoire sur la tête, cet endroit nous ayant définitivement convaincus que le pastafarisme est l’avenir du monde. Surtout avec du bouillon bien gras.

    7 Heldenplein, 1930 Zaventem. Ouvert du lundi au vendredi, de 12h à 13h15 et de 18h à 20h15. T. 0475 43 57 30. www.nanaban.be

    Lire aussi :